Scénario pédagogique

Introduction

Initié par un enseignant ou une équipe de conception dans le but d’encadrer les activités des apprenants, un scénario pédagogique décrit une séquence d’apprentissage, des objectifs pédagogiques et des moyens à mettre en œuvre pour atteindre les objectifs définis (comme, par exemple, l’identification des ressources didactiques nécessaires). Généralement, le scénario pédagogique donne lieu à un projet, une activité particulière d’apprentissage, dont la réalisation permettra à l’enseignant de vérifier l’acquisition des compétences recherchées chez l’étudiant.

Scénario d’apprentissage et scénario d’encadrement

Certains auteurs distinguent scénario d’apprentissage et scénario d’encadrement. Ainsi, lors de la conception d’une formation, Quintin et al. (2005) considèrent le scénario pédagogique comme un ensemble structuré et cohérent constitué de deux parties:

  • Le scénario d’apprentissage dont le rôle revient à décrire les activités d’apprentissage qui seront proposées et de définir leur articulation dans le dispositif pédagogique, ainsi que les productions qui sont attendues de la part des apprenants.
  • Le scénario d’encadrement qui précise le rôle des enseignants (notamment en matière de tutorat) et les modalités des interventions destinées à soutenir le scénario d’apprentissage.

Selon ces auteurs, l’existence d’un scénario d’encadrement distinct permet d’attirer l’attention du ou des concepteurs sur l’importance de spécifier les interventions des acteurs en charge du soutien des apprenants dans leur formation.

Conception de scénarios

Langages et outils

Il existe plusieurs types d’outils et/ou langages pour aider à créer des scénarios.

Dans un contexte industrialisé, on fera souvent recours à des outils de type ADDIE, qui est un instrument de planification inspiré par les modèles classiques de conception en informatique.

Dans un contexte universitaire, on conseille l’utilisation d’outils de conception de type learning design(en) comme CompendiumLD, sinon un lesson planner (en).

Quels éléments sont constitutifs d’un scénario ?

Suivant le type de « langage » utilisé, les ingrédients utilisé pour décrire un scénario ne sont pas les mêmes et ils n’ont pas forcément le même nom (!). Depuis quelques années, il semble toutefois qu’un consensus se dégage au moins dans la communauté pour décrire les scénarios dans la formation supérieure avec à peu près les éléments suivants:

  • Objectifs pédagogiques
  • Tâches (activités d’apprenants et d’enseignants)
  • Rôles (qui exécute une tâche)
  • Environnement: Ressources , Productions, Outils, etc.
  • Évaluation

Voici quelques citations tirés de la thèse de Emmanuelle Villiot-Leclercq :

«Un scénario se définit comme une description effectuée a prioriet a posteriori, du déroulement d’une situation d’apprentissage visant l’appropriation d’un ensemble précis de connaissances, en précisant les rôles, les activités ainsi que les ressources de manipulation des connaissances, outils, services et résultats associés à la mise en œuvre des activités» (Pernin et Lejeune, 2004a)

«Un scénario pédagogique est le déroulement d’une activité d’apprentissage, la définition des objectifs, la planification des tâches, la description des tâches des apprenants et des modalités d’évaluation» (Lando, 2003)

«Le scénario a un triple rôle : il définit précisément l’activité proposée aux apprenants sur l’OPI (Objet Pédagogique Interactif) ; il spécifie également le contrôle qui sera fait de la progression de l’apprenant durant cette activité ; il détermine enfin l’assistance pédagogique qui lui sera fournie automatiquement en fonction de sa progression. Notre concept de scénario est (a priori) distinct du concept de « scénario d’enchaînement pédagogique » souvent présent dans les plates-formes de Formation Ouverte et à Distance. Un scénario d’enchaînement permet de spécifier comment vont s’enchaîner les différentes activités pédagogiques alors que notre scénario concerne une activité (exploitant un OPI) et permet de suivre la progression d’un apprenant vers l’objectif fixé par celle-ci. » (Guéraud, 2006).

Dix-sept dimensions pour concevoir un scénario pédagogique

Pour Brassard et al. (2003), la conception d’un scénario pédagogique apparaît comme un processus systématique (donc relatif à l’ensemble d’une séquence) permettant d’assurer une certaine qualité de l’enseignement en tenant compte de divers facteurs agissant sur l’apprentissage. Les auteurs définissent ainsi 17 dimensions pour concevoir un scénario pédagogique, qui se présentent sous la forme d’un continuum sur lequel l’enseignant est invité à positionner l’activité pédagogique qu’il veut mettre en oeuvre en questionnant ses intentions, les objectifs de son cours et le contexte dans lequel ce dernier prend place :

  • Orientation et choix pédagogiques de départ
1 – Conception de l’enseignement ou de l’apprentissage (instructiviste <—> constructiviste)
2 – Orientation des buts (centrés <—> liés au domaine d’étude)
3 – Prise en considération des erreurs (apprentissage sans erreur <—> apprentissage par l’expérience)
4 – Flexibilité du dispositif (fixe <—> ouvert)
  • Acteurs et rôles
5 – Rôle de l’enseignant (didactique <—> facilitateur)
6 – Source de motivation (extrinsèque <—> intrinsèque)
7 – Prise en compte des différences individuelles (uniformité <—> individualisation)
8 – Sensibilité aux différences culturelles (pas de prise en compte <—> intégré)
9 – Communauté de pratique (non intégré <—> intégration)
  • Activités
10 – Orientation de la tâche (académique <—> authentique)
11 – Activité de l’apprenant (accès au contenu <—> création)
12 – Apprentissage collaboratif (non intégré <—> intégral)
13 – Evaluation des apprentissages (traditionnelle <—> participative)
  • Outils et processus
14 – Contrôle par l’apprenant (absent <—> implication)
15 – Soutien à la métacognition (non intégré <—> intégré dans l’activité)
16 – Gestion des connaissances (accès <—> communauté, réseau)
17 – Régulation et évaluation du scénario (pas de prise en compte <—> participative)

Concrètement, cet outil de conception de scénario pédagogique proposé par Brassard et al. (2003) doit être utilisé comme une liste de questions à se poser, que l’on soit enseignant ou designer pédagogique, lorsqu’on désire mettre en place un scénario intégrant les TIC.

Scénario pédagogique et apprentissage par projet

Dans le cas d’un apprentissage par projet, le scénario pédagogique est divisé en séquences et sous-séquences comprenant des phases d’apprentissage et des tâches à réaliser de manière autonome individuellement ou en groupe. Chaque tâche à réaliser doit être clairement définie (objectif à atteindre, résultat attendu, agenda et charge de travail, etc.). Pour le formateur, il s’agit de créer un cadre sécurisant qui permette à chaque apprenant de trouver sa place dans le dispositif pédagogique et dans son déroulement. Plus ce cadre sera défini, plus les participants y auront de liberté pour s’exprimer dans les espaces délimités..

Dans un tel dispositif, le formateur a un rôle central. Il s’agit pour lui d’accompagner et de soutenir constamment le processus dans la perspective des objectifs pédagogiques visés, tout en encourageant toute initiative “autonome” chez les apprenants allant dans le sens de ces objectifs (ex.: initiative des apprenants visant la création d’un forum thématique, d’un blog, d’un wiki, d’un glossaire, etc.). C’est un savant dosage de tous les instants: cadrer – laisser du champ – recadrer – etc. Ce rôle d’accompagnant et de facilitateur (souvent identifié comme celui du tuteur ou du mentor) est vital pour que l’apprenant ne se sente ni isolé, ni perdu, dans le dispositif.

Dans cet environnement, le formateur est souvent confronté à des tensions entre contrainte – motivation – autonomie. Dans l’idéal, un formateur rêve de se trouver face à des apprenants motivés et autonomes; mais, force est de constater que, souvent, il a besoin d’une petite dose de contrainte pour mettre au travail les personnes les plus motivées… mais, pas trop, pour ne pas empêcher le développement de l’autonomie chez les apprenants ! Cette dose de contrainte peut être introduite dans le scénario pédagogique au travers des consignes d’utilisation du dispositif et des exigences de validation de l’apprentissage.

L’accompagnement des apprenants est donc un des problèmes que doit résoudre le scénario pédagogique lors d’un apprentissage par projet. Idéalement, il ne faut perdre personne en route ! L’intégration dans le scénario pédagogique du forum comme mode de communication officiel (voire unique) entre participants (apprenants et formateurs) lors des séquences d’apprentissage à distance est un exemple de solution pour y remédier, dans le sens ou cela permet:

  • A l’apprenant, de se sentir moins seul et donc de renforcer chez lui le sentiment d’appartenance à une communauté d’apprentissage.
  • Au formateur, de lui signaler d’éventuelles tensions ou des problèmes émergeants; ce qui garantit une intervention rapide de sa part.

Ainsi, l’intégration dans le scénario pédagogique de séquences nécessitant l’utilisation d’un outil de communication et de collaboration à distance synchrone ou asynchrone, comme le forum par exemple, peut contribuer à la régulation du groupe et du dispositif d’apprentissage.

Bibliographie

  • Daele, A., Brassard, C., Esnault, L., Donoghue, M., Uytterbrouk, E., Zeiliger, R. (2002). Conception, mise en œuvre, analyse et évaluation des scénarios pédagogiques recourant à l’usage des TIC. Rapport du projet Recre@sup-WP2 FUNDP.
  • David, J.P, Godinet, H., George, S., Villiot-Leclercq, E. (2007). Scénariser une situation d’apprentissage collectif instrumentée : réalités, méthodes et modèles, quelques pistes. Colloque Scénario’07. Montréal.
  • Ferraris, C., Lejeune, A., Vignollet, L., David, J.P. (2005). Modélisation de scénarios d’apprentissage collaboratif pour la classe : vers une opérationnalisation au sein d’un ENT. Actes de la conférence EIAH 2005, Ed. Pierre Tchounikine, Michelle Joab et Luc Trouche. INRP. Institut Montpellier II.
  • Guéraud, V. (2006). Approche auteur pour les Situations Actives d’Apprentissage : Scénarios, Suivi et Ingénierie. HDR. Université Jose ph Fourier. Grenoble.
  • Léonard, M., Lundgren-Cayrol, K., Marino, O. (2006). Comment intégrer les ressources numériques dans des scénarios pédagogiques de qualité. Les défis reliés à l’intégration pédagogique des ressources numériques, CRÉPUQ, Sherbrooke, mars 2006.
  • Pernin, J.P., Lejeune A. (2004b). Dispositifs d’apprentissage instrumentes par les technologies: vers une ingénierie centrée sur les scénarios. Actes du colloque TICE 2004 , Compiègne, 407-414.
  • Quintin, J.-J. & Depover, C. & Degache, C. (2005). Le rôle du scénario pédagogique dans l’analyse d’une formation à distance. Analyse d’un scénario pédagogique à partir d’éléments de caractérisation définis. Le cas de la formation Galanet. EIAH 2005, Mai 2005, Montpellier, France.
  • Villiot-Leclercq, E., David, J.P. (2007). Le formalisme des Pléiades pour la conception et l’adaptation de scénarios pédagogique s. EIAH’07. Lausanne
  • Villiot-Leclercq, E. Modèle de soutien à l’élaboration et à la réutilisation de scénarios pédagogiques, Thèse, Département de didactique, Faculté des Sciences de l’Education, Université de Montréal. PDF

ajouté par PB (Dijon) le 12/11/17 - avec l'aimable autorisation d'edutechwiki

GRETA (l’histoire)

Depuis 1974, l’Éducation nationale forme aussi des adultes

Depuis les lois de 1971 sur la formation professionnelle continue, les salariés peuvent se former sur leur temps de travail et les entreprises doivent financer leurs formations. En décidant, en 1974 de créer les Greta, l’Éducation nationale met son potentiel éducatif au service d’un marché de la formation en pleine structuration. Acronyme de « Groupement d’établissements », le Greta désigne les lycées et collèges qui s’associent pour réaliser des formations d’adultes dans les établissements publics d’enseignement. Le Greta est devenu un acteur incontournable dans le paysage de la formation professionnelle.

En créant les Greta, l’État participe à la mise en œuvre du préambule de la constitution :

«L’organisation combinée de la formation initiale et de la formation continue concrétise le droit à l’éducation à tous les âges de la vie et le principe selon lequel la nation garantit l’égal accès de l’enfant et de l’adulte à l’instruction, à la formation professionnelle, à la culture».


ajouté par PB (Dijon) le 12/11/17 - sources : Eduscol

GRETA : missions & prestations

Qu’est-ce qu’un GRETA ?

Les Greta sont les structures de l’éducation nationale qui organisent des formations pour adultes dans la plupart des métiers. On peut aussi bien y préparer un diplôme du CAP au BTS que suivre un simple module de formation. Pour les autres niveaux de formation, ce sont les services de formation continue des universités ou du Cnam qui sont compétents.

Un Greta est un groupement d’établissements publics locaux d’enseignement qui mutualisent leurs compétences et leurs moyens pour proposer des formations continues pour adultes. Il s’appuie sur les ressources en équipements et en personnels de ces établissements pour construire une offre de formation adaptée à l’économie locale.

Il y a en France 137 Greta, au moins un par département. Les Greta étant des groupements d’établissements, il existe en tout plus de 4 750 lieux où peuvent se dérouler les prestations. De plus en plus, les Greta proposent aussi des formations en ligne. Chacun peut trouver la formation qu’il souhaite, soit à proximité de son domicile, soit à distance.

Chaque Greta est créé par une convention conclue entre les établissements et approuvée par le recteur. Le recteur est donc directement responsable de la « carte » des Greta : il fixe leur nombre et leurs zones d’intervention respectives.

Quelles sont les principales missions d’un GRETA ?

  • accueillir et orienter le public adulte, salarié ou demandeur d’emploi
  • aider à la définition du projet et du parcours de qualification
  • mettre en place les formations et prestations définies

Quelles sont les principales prestations d’un GRETA ?

  • réaliser des bilans de compétences
  • aider à l’élaboration des projets professionnels
  • organiser des bilans de carrière
  • faire acquérir une formation professionnelle
  • aider à la reconversion professionnelle, préparer à un métier
  • remettre à niveau, former aux compétences clés
  • développer les compétences des salariés, notamment en situation professionnelle
  • former aux langues étrangères
  • préparer aux diplômes professionnels du CAP au BTS
  • accompagner les candidats à la validation des acquis de l’expérience
  • aider à préparer les concours d’entrée dans les différentes fonctions publiques
  • former aux technologies d’information et de communication
  • accompagner des demandeurs d’emploi vers le retour à l’emploi

Ces prestations sont, la plupart du temps, personnalisées. L’offre des Greta va bien au-delà de la conception classique de la formation.

Les durées de formation sont très variables et dépendent des objectifs poursuivisCertaines sessions de formation mixent différents publics : salariés, demandeurs d’emploi, individuels payants. D’autres sont réservées aux personnes désignées par un même client (formations intra-entreprises).

Les formations, selon les cas, se déroulent :

  • pendant le temps de travail ou hors temps de travail
  • la journée ou le soir
  • sur un ou plusieurs jours consécutifs ou sur des sessions plus longues
  • dans les locaux du Greta ou dans ceux de l’entreprise cliente

Formation sur mesure

Les formations Greta, qu’elles soient collectives ou individualisées, sont la plupart du temps conçues sur mesure. Par exemple, au sein d’un même groupe de stagiaires, les progressions peuvent être différentes d’une personne à l’autre. Chaque stagiaire est positionné avant l’entrée en formation. Les parcours tiennent compte des acquis et du projet individuel mais aussi des rythmes d’apprentissage et des disponibilités. À l’issue de la formation, le stagiaire bénéficie d’un bilan personnalisé.

Les entrées et sorties en formation sont possibles à tout moment. Les modalités d’intervention sont différenciées : formation face à un formateur, formation en groupe ou individuelle, coaching, formation à distance accompagnée.

Formations en alternance

Souvent les formations Greta ont lieu en alternance avec des périodes de travail en entreprise et des périodes en centre de formation. Elles s’organisent alors en partenariat avec les entreprises. Le contrat de professionnalisation est le support le plus courant de ce type de formation.

Organisation des GRETA

Organisation des GRETA au niveau local

Chaque Greta programme les formations en fonction de la demande locale de formation continue. Les entreprises, les régions ou les municipalités définissent leurs besoins et publient des appels d’offres. Les Greta sont retenus si leurs propositions sont à la fois efficaces et compétitives.

Les Greta sont des organismes publics de formation soumis à la concurrence. Ils se doivent d’apporter à leurs interventions une dimension particulière : une capacité à innover sur le plan pédagogique, une déontologie liée à la neutralité du service public, un savoir-faire pour qualifier efficacement en fonction des besoins économiques.

Le pilotage du Greta est assuré par une assemblée générale (AG) et sa gestion par un établissement « établissement support », obligatoirement membre du groupement. L’équipe de direction est composée du président du Greta, des chefs d’établissements qui adhèrent au Greta, du directeur opérationnel, de l’agent comptable et du gestionnaire. La présidence du Greta est assurée par un des chefs d’établissement membres du groupement. En fonction de l’importance du marché local de formation, il y a dans chaque Greta un ou plusieurs conseillers en formation continue (CFC) qui sont le pivot du fonctionnement du Greta .

L’assemblée générale définit les orientations du Greta et arrête la participation de chaque établissement à l’action collective. Chaque EPLE prend ensuite en compte cette décision dans son projet d’établissement.

Les formateurs de Greta sont :

  • des enseignants titulaires de l’éducation nationale spécialement formés à la pédagogie d’adultes
  • des formateurs issus des milieux professionnels recrutés sur profil.

Organisation des  GRETA au niveau régional

L’originalité des Greta est leur fonctionnement en réseau.

Les activités des Greta d’une même académie sont coordonnées par un conseiller technique du recteurle délégué académique à la formation continue, le Dafco, ou le délégué académique à la formation professionnelle initiale et continue, le Dafpic.

Avec ses services, il facilite les relations du réseau des Greta avec les partenaires publics de la région, avec les organismes paritaires collecteurs agréés ou avec les grandes entreprises régionales. Il favorise la mutualisation des ressources, les innovations, les avancées technologiques.

Dans chaque académie, un groupement d’intérêt public, le GIP FCIP :

  • assure la formation initiale et continue des personnels du réseau des Greta
  • propose des formations de formateurs et de tuteurs
  • réalise des prestations d’ingénierie de formation et de conseil en ressources humaines pour les entreprises et les organismes publics
  • met en œuvre la validation des acquis de l’expérience (VAE) pour les diplômes qui relèvent de l’éducation nationale
  • coordonne et gère les projets européens ou internationaux dans lesquels les Greta sont impliqués
  • coordonne les réponses aux appels d’offres publics ou privés
  • gère le fonds académique de mutualisation

Organisation au niveau national

Au niveau du ministère de l’Éducation nationale, c’est la direction générale de l’enseignement scolaire qui assure le pilotage du réseau national des Greta (bureau de la formation professionnelle continue DGESCO A2-4).

Principales missions :

  • contrôle et réglementation
  • représentation institutionnelle
  • réponses aux appels d’offre de niveau national
  • partenariats avec les branches professionnelles et les grands « donneurs d’ordre »
  • impulsion d’innovations pédagogiques et de démarches qualité

 


ajouté par PB (21) le 12/11/17 - sources : education.gouv.fr

Innovation

1 Définition

L’innovation est un changement qui, dans le but d’améliorer une situation, peut porter sur une pratique, une méthode, une façon d’enseigner certains contenus disciplinaires, une procédure, un outil ou de nouvelles clientèles, etc. Cette amélioration peut toucher un produit, un processus (en le rendant plus productif ou plus facile), elle peut également permettre d’atteindre de nouveaux objectifs ou objets qui n’auraient pu être abordés sans un changement de la situation (Peraya & Jaccaz, 2004).

La théorie de la diffusion de l’innovationinnovation diffusion theory, proposée par Rogers offre un cadre conceptuel au concept d’acceptabilité et tente d’expliquer l’évolution d’une innovation technologique du stade d’invention à celle d’une utilisation étendue. Cinq éléments détermineraient l’adoption ou la diffusion d’une nouvelle technologie (Rogers, 1995) :

  • l’avantage relatif est le degré auquel une innovation est perçue comme étant meilleure que celles qui existent déjà. Il n’est pas nécessaire que cette innovation possède beaucoup plus d’avantages que les autres mais ce qui est important, c’est que l’individu la perçoive comme étant avantageuse.
  • la compatibilité est une mesure du degré auquel une innovation est perçue comme étant consistante avec les valeurs existantes, les expériences passées, les pratiques sociales et normes des utilisateurs. Une idée incompatible avec ces valeurs et normes est moins vite adoptée qu’une innovation compatible. De même, dans certains cas, l’adoption d’une innovation incompatible nécessitant l’adoption au préalable d’un nouveau système de valeur prend de ce fait un temps considérable.
  • la complexité est une mesure du degré auquel une innovation est perçue comme étant difficile à comprendre et à utiliser. Les nouvelles idées simples à comprendre sont adoptées beaucoup plus rapidement que d’autres qui nécessitent de développer de nouvelles compétences avant de pouvoir les comprendre.
  • la testabilité consiste en la possibilité de tester une innovation et de la modifier avant de s’engager à l’utiliser. L’opportunité de tester une innovation va permettre aux utilisateurs d’avoir davantage confiance en le produit car ils auront eu la possibilité d’apprendre à l’utiliser.
  • l’observabilité est le degré auquel les résultats et bénéfices d’une innovation sont clairs. Plus les résultats de l’adoption de l’innovation sont clairs et plus les individus l’adoptent facilement.

Il existe également un modèle de la résistance à l’innovation proposé par Ram (1987). La théorie de de la résistance à l’innovation de Ram propose de s’intéresser aux processus de résistance à l’innovation comme réaction et réponse normale de la part des usagers confrontés au changement. Dans cette approche, la résistance à l’innovation est déclenchée à partir du moment où la personne perçoit le produit comme une nouveauté et donc comme un changement potentiel. La résistance à l’innovation est donc également résistance au changement, cette dernière se caractérisant non pas par un rejet de la technique ou de l’objet lui-même mais par la crainte d’altérer un équilibre, des routines, un statu quo.

Plus le degré de changement engendré par l’innovation et perçu par la personne est important, plus la résistance sera forte. Pour l’auteur, la caractéristique essentielle pour qu’une innovation soit une réussite réside dans sa capacité à évoluer selon les résistances et les besoins des personnes. Si l’innovation ne peut être modifiée, la résistance ne pourra être surmontée (Ram, 1987).

Le modèle de la résistance à l’innovation peut ainsi être associé judicieusement à la théorie de la diffusion lorsqu’il s’agit de s’intéresser non pas à la diffusion d’une innovation mais à son absence de diffusion auprès d’une certaine catégorie de population.

2 Application

L’acceptabilité de l’innovation dans le cadre des technologies renvoie au modèle de l’acceptation de la technologieTechnology Acceptance Model (Davis, 1986). Ce modèle prédit l’acceptabilité d’un outil et identifie les modifications devant être apportées au système afin de le rendre acceptable aux utilisateurs. Deux facteurs déterminent l’acceptabilité d’un système d’information : la perception de l’utilité et la perception de la facilité d’utilisation. La perception de l’utilité définit le degré auquel une personne pense que l’utilisation d’un système est susceptible d’améliorer ses performances. La perception de la facilité d’utilisation se réfère au degré d’efforts limités qu’une personne pense de l’utilisation d’un système.

Même si une personne n’apprécie pas un système, il a de grandes chances de l’utiliser s’il le perçoit comme améliorant ses performances au travail. En effet, l’attitude générale d’une personne face à un système ne serait pas le seul élément qui détermine son utilisation (Davis, 1986). De plus, la perception de l’utilité et la perception de la facilité d’utilisation seraient directement liés.

Les modèles représentés par les pairs ou les experts (les formateurs universitaires, par exemple) sont susceptibles d’influencer l’innovation pédagogique. Les pratiques futures des enseignants est fortement influencée par effet de modelage. Lorsque les enseignants en formation sont exposés à des pratiques d’intégration des TIC peu innovantes, ils ont tendance à reproduire ces mêmes pratiques dans leur future profession (Karsenti, 2004).

Berman et McLaughlin (1976) définissent 4 niveaux différents d’implantation de l’innovation :

  • L’implantation symbolique décrit un état où l’implantation n’a pas lieu. Le projet d’innovation suscite l’indifférence générale : le matériel didactique est présent, disponible. Sa présence n’inspire toutefois aucun intérêt d’appropriation.
  • La cooptation désigne un niveau d’implantation où le projet d’innovation est intégré partiellement dans l’environnement scolaire, c’est-à-dire que l’enseignant en fait usage. Son utilisation n’implique toutefois aucune modification au niveau des comportements et des attitudes des individus. Il s’agit alors davantage d’un changement par substitution alors qu’un produit en remplace un autre, sans que la pratique comme telle ne soit affectée.
  • L’apprentissage technologique consiste en un stade d’implantation où les enseignants établissent un lien de dépendance avec le projet d’innovation, c’est-à-dire que les procédures prévues par le nouveau matériel à implanter sont respectées à la lettre, sans modifications aucune de la part des enseignants. Des adaptations à la pratique sont toutefois effectuées par les personnes afin d’intégrer convenablement le changement à la pratique.
  • Le dernier niveau, l’adaptation mutuelle, désigne selon Berman et McLaughlin (1976) le véritable stade d’implantation alors que la pratique se transforme pour intégrer un nouvel élément qui a aussi subi des modifications afin d’être cohérent avec les façons de faire déjà bien ancrées chez l’enseignant. Il s’agit donc d’une implantation d’un changement qui est réfléchie, critique et qui tient compte de la pratique actuelle de la personne impliquée. Il sera donc intéressant de vérifier à quel type d’implantations ces nouveaux enseignants parviennent lorsqu’il est question de l’intégration des TIC, tant dans la pratique actuelle (stages) que dans la pratique future.

Karsenti (2001) et Karsenti, Savoie-Zajc et Larose (2001) reprennent ces niveaux d’implantation d’une innovation dans leurs travaux avec les enseignants en formation initiale.

Philippe Mallein (2002), dans ses travaux, analyse les facteurs clés déclenchant l’usage d’une innovation. Selon Mallein, pour qu’une personne adopte un objet il serait alors nécessaire :

  • qu’il ait du sens pour elle, que son utilisation soit perçue comme positive
  • qu’il lui soit utile dans ses activités quotidiennes
  • qu’il soit facilement utilisable et que son usage soit simple à comprendre
  • qu’il présente une valeur ajoutée économique réelle

3 Territorialité 

Palas et Palpacuer (2008:résumé) discutent «une idée aujourd’hui bien répandue, tant dans les recherches scientifiques que dans les mesures de politique industrielle destinées à promouvoir la compétitivité des territoires. Celle-ci postule la nature systématiquement « territorialisée » des réseaux d’innovation et envisage la co-localisation des acteurs comme une condition déterminante de leur performance.» Un étude des conditions de formation et de désagrégation de l’Alliance aux alentours de Grenoble permet aux auteurs de remettre en question la pertinence des modèles théoriques existants, quant aux rôles dévolus à la proximité géographique et à l’ancrage territorial dans le processus d’innovation. Leurs «résultats attestent l’apparition d’une forme alternative d’organisation du processus d’innovation, moins sensible à la proximité spatiale des acteurs et où l’ancrage territorial devient un processus temporaire et réversible.» (Résumé)

On entend des idées similaires en ce qui concernent les établissement pédagogiques (donc la territorialité de l’école ou encore d’une région). On constate également l’émergence de communautés épistémiques non-territorialisées. A poursuivre ….

4 Références

Davis, F.D. (1986). A technology acceptance model for empirically testing new end-user information systems: theory and results. PhD dissertation, MIT Sloan School of Management, Cambridge, MA.

Karsenti, T., Savoie-Zajc, L. et Larose, F. (2001). Les futurs enseignants confrontés aux TIC : Changements dans l’attitude, la motivation et les pratiques pédagogiques. Éducation et Francophonie, 29 (1). Document électronique accessible par Internet : http://www.acelf.ca/c/revue/revuehtml/29-1/03-Karsenti.html

Karsenti, T. (2004). Les TIC et les futurs enseignants : les facteurs qui influencent leur utilisation (pp. 3-16). In D. Biron et M. Cividini (dir.), La formation enseignante au temps des réformes. (pp. 3-16). Sherbrooke : Éditions du CRP.

Mallein Ph. (sous la direction de Privat G.) (2002). Ces objets qui communiquent. Paris : Lavoisier. Numéro spécial de Les cahiers du numérique, vol. 3, n° 4.

Mallein, Ph. et Toussaint, Y. (1994). L’intégration sociale des TIC: une sociologie des usages, Technologie de l’information et société, 6 (4): 315-335.

Nicolas Balas et Florence Palpacuer « Les réseaux d’innovation sont-ils toujours ancrés dans les territoires ? », Entreprises et histoire 4/2008 (n° 53), p. 12-33. URL : www.cairn.info/revue-entreprises-et-histoire-2008-4-page-12.htm. DOI : 10.3917/eh.053.0012.

Peraya, D. et B. Jaccaz (2004). Analyser, Soutenir, et Piloter l’innovation: un modèle  » ASPI « . Colloque TICE 2004, Technologies de l’information et de la connaissance dans l’enseignement supérieur et l’industrie. Université de technologie. Compiègne (19 au 21 octobre).

Ram, S. (1987). A model of innovation resistance. In Advances in Consumer Research, 14 (pp. 208-212).

Rogers, E. (1995). Diffusion of innovation. Free Press, New York, 4th edition.

 


Ajouté par MBA (21), le 5/10/17, avec l'aimable autorisation d'Edutechwiki

Mémoire

1 Historique

1.1 Approche philosophique de la mémoire

L’Antiquité nous propose une des premières abstractions du concept de mémoire en Mnémosyne, une Titanide, déesse de la mémoire vénérée par les Grecs. Cette divinité montre l’importance que l’on attribuait déjà à cette époque au concept de mémoire. L’intérêt porté à la mémoire résidera exclusivement dans le domaine de la philosophie jusqu’à la fin du XIXème siècle, qui marquera le début de son étude scientifique (Ebbinghaus, 1885).

Avant cette date, de nombreux philosophes se sont intéressés à la mémoire. Aristote par exemple, dans De Memoria et Reminiscencia en 350 av. JC, définit la mémoire comme un intermédiaire entre la pensée et le sens, tout en appartenant au sens. La métaphore de l’empreinte permet d’illustrer sa définition, la perception réalise une peinture dans l’âme, la mémoire étant la permanence de cette peinture. Rapprochons nous d’Ebbinghaus en faisant un bond d’une vingtaine de siècle avec Francis Bacon (1561-1626). Il propose un arbre des connaissances qui organise le savoir et sera repris par Diderot et d’Alembert en 1732, pourindexer l’Encyclopédie. L’« arbre de la connaissance » – ainsi décrit – fonde l’entendement sur la mémoire, la raison et l’imagination. Bacon dégage de cette façon les trois fonctions intellectuelles de l’être humain. La conception et l’œuvre de Bacon permettent de distinguer la science de la théologie.

La mémoire a occupé – et occupe toujours – une place centrale dans la plupart des réflexions philosophiques faites sur l’être humain. L’approche scientifique n’a rien enlevé à son importance. Depuis maintenant plus d’un siècle, un grand nombre de chercheurs l’étudie. Si la notion de mémoire reste simple, son étude scientifique met en évidence quelques-unes de ses nombreuses facettes.

1.2 Les débuts de l’étude scientifique de la mémoire

La mémoire fut considérée dans un premier temps comme un magasin de stockage et étudiée indirectement par l’oubli. Ebbinghaus (1885) reste le pionnier de l’étude scientifique de la mémoire. Il adapte pour évaluer cette dernière les méthodologies déjà employées pour investiguer la perception. Son travail permet la mise en évidence de différents facteurs qui influencent la rétention comme la taille du matériel à retenir, le temps nécessaire pour l’apprendre, le délai jusqu’au rappel, la capacité limitée de la mémoire immédiate et le moment où l’apprentissage est effectué dans la journée.

À la même époque, Jacobs (1887) ébauche le concept d’empan mnésique pour la mémoire immédiate et James (1890) propose une distinction entre la mémoire primaire (rapide mais limitée) et la mémoire secondaire (illimitée), traduisant ainsi la notion de systèmes de mémoire multiples. Le début du XXème siècle marque un tournant dans l’étude du fonctionnement humain, l’introspection laisse place aux mesures dites objectives du comportement. Le concept de mémoire est écarté, le terme même «mémoire» est proscrit des notions psychologiques car associé à l’introspection. La mémoire s’assimile à l’habitude et s’étudie au travers des conditionnements opérant et répondant. La domination béhavioriste s’étend jusqu’au début des années 1960 où l’on assiste à la lente émergence de la psychologie cognitive. Dès lors, de nombreux chercheurs s’intéressent à la distinction entre la mémoire à court terme (MCT) et la mémoire à long terme (MLT), reprenant la distinction proposée par James (1890). Atkinson et Shiffrin (1968) formalisent un premier modèle général de la mémoire.

1.3 Le modèle modal d’Atkinson et Shiffrin (1968)

Sur la base d’expériences antérieures (Brown, 1958; Miller, 1956; Sperling, 1960), ils proposent d’organiser la mémoire en trois modules de traitement.

Le modèle modal divise la mémoire en trois sous-systèmes principaux. Ce modèle est une synthèse de nombreux résultats expérimentaux et représente la conception dominante de la mémoire humaine dans la psychologie cognitive de la fin des années 1960. Une formulation classique de ce modèle a été proposée par Atkinson et Schiffrin (1968).

Les trois composantes de la mémoire dans le modèle modal sont :

  • Le registre sensoriel : il peut retenir une grande quantité d’informations sous forme visuelle pendant un temps extrêmement court (quelques millisecondes). Ce processus est différent du phénomène de rémanence visuelle.
  • La mémoire à court terme (MCT) : elle contient un nombre limité d’éléments, stockés sous forme verbale pendant quelques secondes.
  • La mémoire à long terme (MLT) correspond à notre conception intuitive de la mémoire. Les informations en MLT sont de nature sémantique. La MLT ne connait pas en pratique de limites de capacité ou de durée de mémorisation.

Dans un premier temps, l’organisme traite en parallèle l’information en provenance du monde extérieur grâce aux différents registres sensoriels. L’information des différentes modalités sensorielles est maintenue, dans ces registres sensoriels, pendant un court laps de temps. Ces registres fournissent des informations à la seconde composante du modèle, la MCT. La capacité de la MCT est limitée, l’information est codée sous forme phonologique et la durée de stockage est brève.

L’information stockée en MCT peut être transférée en MLT, ce transfert est envisagé comme une copie et non comme un passage de l’une à l’autre. La MLT n’est pas censée avoir de limite en terme de temps ou de capacité, le codage de l’information se fait sous forme sémantique. Les processus de contrôle, comme l’autorépétition, sont dirigés par le sujet. Des études neuropsychologiques suggèrent également une distinction entre MLT et MCT qui repose sur l’observation d’une double dissociation. On observe chez les malades atteints du syndrome de Korsakoff une intégrité de la MCT alors que la MLT est sévèrement perturbée.

Shallice et Warrington (1970) rapportent la dissociation inverse chez le patient KF, à savoir une intégrité de la MLT et une perturbation de la MCT. Cette double dissociation conforte la distinction MCT/MLT. Les conceptions actuelles sur la mémoire sont assez éloignées du modèle d’Atkinson et Shiffrin, même si nous pouvons toujours en retrouver l’essence. Ce modèle reste néanmoins le point de départ de très nombreux travaux dans le domaine de la mémoire et plus particulièrement en psychologie cognitive. Nous ne rentrerons pas dans les détails en ce qui concerne la MCT, pour nous focaliser sur la MLT.


ajouté par PB (21), le 29/11/17 - avec l'aimable autorisation d'Edutechwiki

Psychopathologie développementale

Introduction

L’étude de la psychopathologie provient du constat simple suivant : dès le plus jeune âge, l’être humain manipule son environnement, classifie et catégorise. Nous structurons le monde que nous habitons. Le normal et le pathologie reflètent donc le fait que les êtres humains sont des classificateurs.

Du normal à l’anormal

Le comportement d’un individu (enfant) est dit anormal si :

  • il est excessif ou insuffisant
  • il entrave le fonctionnement adaptatif
  • il reflète une détresse ou une souffrance psychologique
  • il reflète un retard, une rigidité ou un décalage développemental
  • il enfreint les normes

Ces critères restent relatifs car les comportements dépendent du contexte.

Perspective psychoanalytique

Les troubles psychopathologiques sont l’expression manifeste de pulsions inconscientes souvent de nature sexuelle ou agressive. Leurs symptômes permettent à l’enfant d’exprimer ces pulsions de manière moins menaçante en les déplaçant d’un objet défendu (mère) à un autre (phobie).

Perspective comportementale

Les troubles psychopathologiques sont le résultat souvent accidentel de processus de conditionnement ou d’imitation au cours desquels l’enfant acquiert différents comportements qui entravent son développement. Ces comportements se maintiennent et souvent s’aggravent parce qu’ils sont régulièrement renforcés (positivement et négativement). Exemple : un enfant anxieux qui va grâce à ces « symptômes » rester à la maison au lieu d’affronter l’école.

Perspective cognitivo-comportementale

Les troubles psychopathologiques sont le résultat souvent accidentel d’interprétations erronées de la réalité qui alimentent et sont alimentées par un niveau élevé d’affectivité négative. Les symptômes se maintiennent et souvent s’aggravent car l’enfant refuse TOUT LE TEMPS d’affronter ce qu’il craint. Il ne peut ainsi jamais réaliser que ses interprétations sont sans fondement. Par exemple : redoutant une catastrophe terrible s’il n’obéit pas exactement à ses obsessions, l’enfant se condamne à répéter les compulsions qui les accompagnent.

Perspective systémique

Les troubles psychopathologiques sont l’expression manifeste de conflits familiaux que l’ensemble de la famille refuse de reconnaître et de chercher à résoudre. Avec le temps, les symptômes de l’enfant persistent et souvent s’aggravent mais restent sans solution tant qu’ils contribuent au maintien du système familial. Exemple : si un enfant a des angoisses de séparation, il va dormir avec ses parents ce qui leur permet d’éviter une intimité qui les menace énormément depuis longtemps.

Perspective relationnelle

Les troubles psychopathologiques viennent de la perturbation souvent précoce de relations majeures (ex : mère-enfant). Avec le temps, les symptômes persistent et s’aggravent car l’enfant continue à entretenir les mêmes relations perturbées et acquiert un habitus relationnel mauvais.

Cadre conceptuel

Les données épidémiologiques

Les troubles psychopathologiques de l’enfance et de l’adolescence :

  • sont fréquents mais la plupart ne sont pas diagnostiqués
  • sont plus ou moins chroniques : une dépression non traitée durant l’enfance ne sera pas la même à l’adolescence
  • ont des répercussions négatives parfois majeures à l’âge adulte (effets importants à long terme)
  • entraînent des coûts humains et financiers considérables (en plus des souffrances)

Il vaut donc mieux traiter ces troubles dès l’enfance car les adultes coûtent beaucoup plus cher.

Prévalence des troubles chez les enfants et les adolescents

  • Troubles anxieux : 6.9% de la population
  • Problèmes de comportement : 3.3% de la population
  • Déficit de l’attention : 3.3% de la population
  • Troubles dépressifs : 2.1% de la population

Continuité hétérotypique

La continuité hétérotypique signifie qu’un même trouble ne donnera pas les mêmes difficultés à tous les âges puisque le contexte bouge.

  • 3-4 ans : opposition et provocation
  • 7 ans : bagarre
  • 10 ans : mensonge et vol
  • 12 ans : vandalisme et cruauté
  • 16 ans : viol
  • 19 ans : attaque à main armée

Les troubles psychopathologiques qui apparaissent à l’age adulte ont souvent des origines qui remontent à la petite enfance ou à l’enfance, reflètent des souffrances restées pendant des années et entraînent des coûts très importants.

Deux approches complémentaires

Catégorielle

Cette approche est statistique (quantitative) et distingue le normal du pathologique. Elle est essentielle à l’épidémiologie et à la santé publique.

Dimensionnelle

Cette approche est médicale (qualitative) et met en évidence les différences individuelles. Les problèmes psychologiques sont sur un continuum de fréquence et d’intensité. Elle est essentielle à la description et à l’intervention.

La combinaison des deux approches nous mène vers plusieurs niveaux :

  1. niveau culturel : normes, attentes
  2. niveau social et familial : famille, relations
  3. niveau psychologique : sentiments, pensées, actions
  4. niveau biologique : neurotransmetteurs
  5. niveau génétique : troubles, facteurs

Épigenèse développementale

Le développement normal et pathologique est probabiliste et non pas prédéterminé. Le développement est plus ou moins limité mais pas déterminé. Plusieurs facteurs de risques et de protection influencent ce développement. Ces facteurs ne sont pas statiques car ils changent sans cesse.

Les facteurs de risque

  • Personnels : vulnérabilité tempéramentale, impulsivité, hyperactivité, attachement insécure, déficit verbal, QI verbal faible, biais d’attribution
  • Familiaux : discipline incohérente et punitive, surparentage, criminalité, parents jeunes, manquant d’éducation.
  • Sociaux : pauvreté, racisme, préjudice, scolarisation inadéquate, rejet, criminalité, violence dans la communauté.
  • Culturels : médias, glorification de modèles culturels malsains, socialisation divergente des sexes.

La plupart de ces facteurs de risque ont une influence limitée, sont non spécifiques et s’appliquent à différents troubles.

Le retard mental

De quoi s’agit-il ?

Trois dénominateurs communs :

  • Fonctionnement intellectuel inférieur à la moyenne
  • adaptation limité dans différents domaines de la vie quotidienne.
  • Début du trouble avant 18 ans : durant l’enfance ou la petite enfance

Critères diagnostiques

Selon le DSM-IV, il survient avant 18 ans et ne peut être diagnostiqué qu’en présence :

  • déficience du fonctionnement intellectuel (QI)
  • altérations significatives du fonctionnement adaptatif

Quatre degrés de sévérité

  1. Léger (85%) : QI 50-55 à 70
  2. Moyen (10%) : QI 35-40 à 50-55
  3. Grave (3-4%) : QI 20-25 à 35-40
  4. Profond (1-2%) : QI < 20-25

Ces degrés sont donc basés en fonction des capacités intellectuelles et des difficultés d’adaptation. Le diagnostic se fait souvent par la négative : ce que l’enfant ne peut pas faire définit encore largement le retard mental aujourd’hui.

Le QI est souvent difficile à déterminé car l’intelligence est une faculté qui a des dimensions multiples, le QI n’est pas fixe.

Le retard mental reflète aussi le contexte social et les attentes culturelles.

Caractéristiques du retard mental

  • Il a des origines multiples (facteurs génétiques et environnementaux)
  • Il a des trajectoires développementales très différentes
  • Il a des manifestations très diverses

Cela même chez des enfants dont le degré de retard mental est comparable.

Les différentes manifestations du retard mental sont moins évidentes dans les capacités intellectuelles de l’enfant ou de l’adolescent que dans son adaptation quotidienne qui est toujours plus ou moins affectée à différents niveaux.

La diversité du retard mental

Se manifeste par :

  • autonomie quotidienne physique
  • autonomie quotidienne sociale et affective
  • fonctionnement à l’école ou au travail
  • présence de troubles psychopathologiques comorbides
  • affections médicales qui accompagnent le retard

Au-delà des capacités intellectuelles

Le retard mental induit aussi :

  • des capacités d’apprentissage limitées
  • un besoin plus ou moins constant de surveillance et de soins
  • un niveau limité d’autonomie personnelle, sociale et professionnelle

Comment évolue le retard mental ?

La trajectoire développementale varie en fonction de l’étiologie et de la sévérité des difficultés. Le retard mental est chronique et affecte l’ensemble du fonctionnement. Il est assez stable pour les enfants atteints de manière moyen, grave et profond.

Retard mental léger

  • acquisition lente de compétences affectives, sociales et instrumentales
  • le niveau d’autonomie personnelle et social est la même que chez les enfants normaux
  • la compréhension et l’utilisation du langage sont limitées mais concrètes

Retard mental moyen

  • difficultés de communication
  • difficultés à apprendre les règles sociales
  • besoin d’encadrement soutenu
  • autonomie limité
  • problèmes de motricité
  • ne savent pas lire ou écrire

Retard mental grave

  • mêmes difficultés que pour le retard mental moyen mais plus prononcées
  • langage fonctionnel est pauvre ou absent
  • surveillance étroite et soutien de l’entourage
  • soins particuliers, liens avec d’autres affections médicales

Retard mental profond

  • dès la petite enfance, il affecte l’ensemble du développement physique et psychique.
  • supervision et soins constants dans une institution
  • langage très limité ou inexistant
  • autonomie très limitée ou inexistante

Les difficultés qui aggravent le trouble

  1. Les affections médicales sont fréquences et variées selon le degré de sévérité du retard mental et de l’étiologie. Elles varient en fonction de l’âge mais les plus fréquentes sont : épilepsie, infirmité motrice cérébrale, troubles sensoriels.
  2. Les symptômes et les troubles psychopathologiques comme les difficultés d’adaptation (immaturité, passivité ou agitation, réactions imprévisibles). Les troubles les plus souvent associés sont l’hyperactivité et les troubles de l’humeur ou du développement.
  3. L’autostimulation et l’automutilation : l’autostimulation concerne les mouvement répétitifs et stéréotypes comme les balancements. Les automutilations signifient se frapper ou se blesser très sérieusement. Elles peuvent limiter les possibilités d’apprentissage et conduire à des traumatismes sérieux.
  4. Les difficultés de langage et de communication : ces capacités se développement plus lentement ou différemment et concernent tous les niveaux (articulation, syntaxe, compréhension, utilisation, communication verbale et non verbale.

D’où vient-il ?

On ne peut pas spécifier l’étiologie car le retard mental regroupe un nombre de troubles très hétérogènes.

Les causes immédiates

  1. Période anténatale : aberrations chromosomiques comme anomalie du nombre, fragilité d’un site ou anomalie d’une structure ; mutations génétiques ; prématurité, postmaturité, dysmaturité.
  2. Période périnatale : complications liées à l’accouchement.
  3. Période postnatale : encéphalopathies diverses d’origine virale, toxique, traumatique, socio-économique.

Conclusion

Deux défis majeures principaux : scientifique vs. social.

Le défit scientifique est de considérer l’enfant retardé comme une personne et non comme un être cognitif. Le défit social est de traiter les questions de dignité humaine comme : comment traiter ces personnes atteintes ? Quelle place dans la société ? Où et comment les éduquer ? Comment réagir à la naissance d’un enfant atteint de retard mental ?

Les troubles de la communication et des apprentissages

Ce sont des troubles hétérogènes du développement dans le langage, la lecture, l’écriture et le calcul dans lesquels il y a une perturbation des premières étapes de la scolarité. C’est la spécificité des fonctionnements atteints qui caractérise ces troubles

Trois troubles majeurs des apprentissages :

  • la lecture
  • l’expression écrite
  • le calcul

Trois troubles majeurs de la communication :

  • trouble du langage de type expressif
  • trouble du langage de type mixte réceptif-expressif
  • trouble phonologique

Ces troubles reflètent deux observations courantes :

  1. Les enfants n’apprennent pas tous au même rythme et de la même manière.
  2. Il y a des difficultés inattendues à apprendre, à parler, à lire, à écrire et à calculer.

Ces difficultés sont dites « inattendues » car elles ne s’expliquent pas par des problèmes sensoriels, intellectuels, scolaires, familiaux ou sociaux.

Troubles de la communication

Les troubles des apprentissages sont souvent précédés de difficultés langagières importantes comme des troubles langagiers ou des troubles phonologiques.

Trouble du langage expressif

L’enfant atteint de ce trouble

  • met longtemps à apprendre à parler
  • a un langage limité : vocabulaire pauvre, phrases incomplètes
  • a des difficultés phonologiques (articulation)
  • a des difficultés de mémoire (chercher les mots dont il a besoin)

Troubles du langage réceptif-expressif

L’enfant atteint de ce trouble a du mal à

  • s’exprimer clairement
  • comprendre le langage parlé
  • suivre les instructions
  • comprendre les tournures de phrase
  • saisir les expressions subtiles

Ce trouble s’accompagne de difficultés phonologiques, de mémoire et de non acquisition de certains phonèmes.

Trouble phonologique

L’enfant atteint de ce trouble a

  • diverses difficultés dans l’acquisition des phonèmes : il articule et prononce mal ce qui le rend difficile à comprendre
  • tendance à substituer des phonèmes par d’autres

Épidémiologie et trajectoires développementales

Les troubles de la communication sont fréquents en bas âge :

  • 2-3% d’enfants ont des troubles expressifs et mixtes
  • 10% ont des troubles phonologiques

Les difficultés de communication s’améliorent ou disparaissent complètement pendant l’enfance ou l’adolescence.

Troubles des apprentissages

Trouble de la lecture

Il se traduit par des difficultés dans deux domaines liés : la phonologie (déchiffrage et identification des mots) et la sémantique (compréhension).

Les faiblesse de nature phonologique se caractérisent par :

  • une mémoire verbale limitée
  • une expression verbale altérée
  • des problèmes d’énonciation
  • des difficultés à avoir un vocabulaire large

Trouble de l’expression écrite

Il se caractérise par des difficultés dans la coordination visuelle et motrice et des difficultés liées au vocabulaire, à l’orthographe, à la grammaire et à la composition.

Trouble du calcul

Il consiste à une incapacité à reconnaître, comprendre et manipuler des concepts mathématiques, des signes mathématiques, des symboles numériques, des opérations arithmétiques et des tables de multiplication.

Deux types de difficultés :
  1. Les difficultés verbales : comptent avec peine surtout mentalement et maîtrisent mal les symboles et les opérations arithmétiques.
  2. Les difficultés non verbales : comprennent et manipulent mal la nature des nombres, manipulent mal les ordres de grandeur et les estimations, ont des difficultés de représentation spatiale.

Épidémiologie

  • trouble de la lecture et de l’écriture : 10-20% des enfants en âge d’être scolarisés
  • trouble du calcul : 5-6%

Comorbidité

Les troubles de la communication et des apprentissages sont souvent associés et s’accompagnent de :

  • sentiments de frustration et de découragement
  • manque d’estime de soi
  • retrait ou rejet social
  • troubles anxieux ou dépressifs
  • déficit de l’attention/hyperactivité
  • échec scolaire
  • difficultés d’attention et d’automatisation

Étiologie

Ces troubles sont souvent associés aux problèmes familiaux et sociaux, à la pauvreté et aux malentendus culturels entre les familles et l’école.

Facteurs génétiques

Les troubles de la communication et des apprentissages se retrouvent souvent dans les mêmes familles mais ne sont pas hérités directement. La vulnérabilité aux problèmes phonologiques est plus ou moins prononcée.

Facteurs neurobiologiques

Les difficultés liées au calcul résident dans :

  • les processus automatisés qui sont peu développés
  • les fonctions exécutives qui les sous-tendent ne se développent pas normalement

Conclusion

Les troubles restent mal définis et sont mal connus. Ils cachent beaucoup d’incompréhension et de souffrance. Les scientifiques tentent encore aujourd’hui de mieux les comprendre pour pouvoir mieux les accepter et les maîtriser.

Troubles de l’humeur

Ces troubles se manifestent au travers d’un changement marqué et prolongé des émotions de l’enfant ou de l’adolescent. Ce changement se caractérise par :

  • des sentiments de dépression et de désespoir
  • un manque d’intérêt
  • une réduction du niveau d’activité
  • une agitation maniaque

Les symptômes les plus fréquents sont : la réduction du taux d’activité, l’agitation maniaque, l’irritabilité, les sentiments de dévalorisation et de culpabilité, la fatigue, le manque d’énergie et les idées suicidaires.

Ces troubles sont définis et diagnostiqués par les mêmes critères que pour les adultes. Les trois troubles de l’humeur sont : le trouble dépressif majeur, le trouble dysthymique et le trouble bipolaire.

Trouble dépressif majeur

Il se caractérise par :

  • 1 ou 2 épisodes dépressifs
  • d’au moins deux semaines chacun
  • une distinction visible entre le fonctionnement normal et les périodes de trouble

Symptômes

  • humeur dépressive
  • désintérêt
  • insomnie/hypersomnie
  • agitation/ralentissement
  • fatigue
  • pensées de mort

Trouble dysthymique

  • période dépressive d’au moins un an durant laquelle les épisodes sont moins distincts mais durent plus longtemps.
  • symptômes moins prononcés mais plus chroniques
  • périodes de rémission sont plus courtes que deux mois

Symptômes

  • humeur dépressive toute la journée
  • perte de l’appétit
  • insomnie/hypersomnie
  • baisse d’énergie

Trouble bipolaire

Les individus bipolaires passent d’une élévation de l’humeur et d’un surcroît d’énergie à une baisse et une réduction du niveau d’énergie. Il se traduit par des symptômes de manie et de dépression.

La manie dure au minimum une semaine et se caractérise par une humeur élevée, euphorique ou irritable.

L’hypomanie est une anomalie de l’humeur évidente mais moins marquée et plus brève.

  • trouble bipolaire 1 : au minimum un épisode de manie
  • trouble bipolaire 2 : au minimum un épisode d’hypomanie suivi d’un épisode dépressif
  • trouble bipolaire 3 : symptômes récurrents de manie et de dépression (mais sans épisodes dépressifs)

Symptômes

  • augmentation de l’estime de soi
  • augmentation de l’énergie
  • irritabilité
  • moins de sommeil
  • parle tout le temps
  • souvent enfants agressifs
  • fuite des idées : n’accomplissent pas grand chose car les idées les interrompent
  • idées de grandeur et sans fondement : certains pensent qu’ils sont un don du ciel, l’estime de soi est fragile et quand elle disparaît la chute est considérable et mène à la dépression. Les symptômes psychotiques aggravent considérablement les manifestations du trouble.

Suicide

Le suicide est la principale cause de mortalité liées aux troubles de l’humeur car :

  • les tentatives de suicide sont plus sérieuses
  • un tiers ont des idées suicidaires
  • 6-12% font des tentatives sérieuses

Troubles anxieux

Il existe sept troubles majeurs : angoisse de la séparation, phobie spécifique, anxiété sociale, trouble obsessionnel-compulsif (TOC), trouble de la panique, état de stress post-traumatique et l’anxiété généralisée.

Ces troubles ne sont pas passagers et se caractérisent par une détresse extrême non réaliste qui ne peut être calmée par des gestes rassurants ou par l’évidence. L’enfant évite ce qu’il redoute, il fuit et cela perturbe l’ensemble de son développement.

Angoisse de la séparation

  • peur excessive d’être séparé des parents, l’enfant anticipe la séparation (par exemple il peut déjà avoir peur la veille), il vit dans le futur
  • les enfants sont malheureux mais quand ils sont à la maison avec les parents
  • frein pour la sociabilité et la scolarité
  • enfants souvent trop collants

La phobie spécifique

  • peur extrême d’un objet particulier ou d’une situation qui n’est pas réellement dangereuse.
  • la pensée ou la présence peut agiter l’enfant et amener des crises de panique.
  • les enfants sont toujours aux aguets, ils recherchent ce qu’ils craignent pour l’éviter à tout prix.

L’anxiété sociale

Elle consiste en une peur prononcée d’être évalué négativement, d’être critiqué ou rejeté. L’enfant a peur du regard social, des difficultés à rentrer en contact avec l’autre car il voit l’évaluation négative partout.

L’enfant évite de nombreuses situations et essaie de passer inaperçu. Il a des difficultés sociales majeures ce qui le fait souffrir en silence.

Les cinq situations les plus redoutées sont : lire en classe à haute voix, les performances musicales ou sportives, se joindre à une conversation et commencer une conversation.

Le trouble obsessionnel compulsif (TOC)

L’enfant présente des obsessions et des compulsions intrusives qui mènent à une détresse extrême.

Les obsessions se caractérisent par des pensées ou des impulsions étrangères qu’il n’arrive pas à éviter. Ce sont des besoins impératifs reflétant une peur irrationnelle.

Les compulsions sont des actes répétitifs pour diminuer ou éviter l’anxiété. Il agit contre sa volonté (exemple : compulsions de lavage).

Les obsessions provoquent de l’anxiété qui provoquent des compulsions qui amènent un soulagement passager mais qui ne suffit cependant pas.

C’est le trouble le plus grave des troubles anxieux car ils monopolisent l’attention, prennent un temps considérable et comportement des intrusions pénibles. Il perturbe gravement les relations familiales et sociales.

Le trouble de la panique

  • l’enfant est atteint d’attaques de panique soudaines et inattendues qui ne peuvent être expliquées par une menace extrême, par une maladie ou la toxicomanie.
  • la détresse provient moins des attaques elles-mêmes que des préoccupations constantes et l’hypervigilance qu’elles entraînent. Les enfants se plaignent souvent d’avoir peur même quand ils ne sont pas paniqués.
  • les crises conduisent à des comportement d’évitement de plus en plus prononcés et handicapants. L’enfant ne veut pas rester seul, il doit être accompagné et est agoraphobe.
  • Il fait une interprétation catastrophique d’événements anodins et est absorbé par ces préoccupations.

L’état de stress post-traumatique

Ce trouble survient à la suite d’un événement traumatique extrême. Il peut toucher directement l’enfant ou atteindre un proche. Ce trouble envahit la mémoire car l’événement est revécu à travers des cauchemars ou des flash-backs. L’individu tente de maîtriser ce traumatisme mais échoue à chaque fois.

Cet état provoque une augmentation de l’agitation et de l’agressivité ainsi qu’un retard du développement. Il se traduit aussi par une anesthésie émotionnelle car l’enfant paraît détaché et désintéressé.

L’anxiété généralisée

Elle est caractérisée par une hyperanxiété persistante. L’enfant se préoccupe d’un peu tout, de manière extrême ou incontrôlable.

Les enfants hyperanxieux n’ont pas besoin de raisons pour avoir peur. Ils se font du souci pour tout. Les préoccupations changent mais elles sont toujours irréalistes (souvent des soucis d’adultes comme la santé, le travail, les finances des parents, les examens). Ils doutent de leurs compétences et ont peur des exigences extrêmes.

Troubles du comportement

Les troubles du comportement se manifeste à travers deux phénomènes proches mais distants : l’agressivité et la violence. L’agressivité recense des actions ou des gestes délibérés dont le but est de faire du mal. La violence est une forme extrême d’agressivité qui ont des conséquences autant juridiques que cliniques. Tout acte de violence est agressif mais les actions agressives ne sont pas toutes violentes.

Trouble oppositionnel avec provocation

Il regroupe un ensemble de comportements négativistes, hostiles ou provocateurs, persistant pendant au moins six mois. Ce trouble est accompagné d’au moins quatre des manifestations suivantes :

  • se met souvent en colère
  • conteste souvent ce que disent les adultes
  • s’oppose ou refuse de se plier aux règles
  • embête délibérément
  • fait porter à autrui la responsabilité de ses erreurs
  • souvent susceptible ou agacé par les autres
  • souvent fâché
  • souvent méchant

La perturbation des conduites entraîne une altération du fonctionnement social, scolaire ou professionnel et ce trouble peut évoluer en un trouble des conduites, ou de la personnalité antisociale.

Trouble des conduites

La symptomatologie dépasse un cadre oppositionnel par sa gravité : comportements plus graves, bafouent les droits d’autrui et les règles sociales et par sa persistance : au moins trois critères au cours des 12 derniers mois et au moins un au cours des 6 derniers mois.

Troubles d’apprentissage et technologies

Les troubles d’apprentissage sont liés à des difficultés du traitement de l’information. Ils touchent surtout les domaines de l’attention, de la mémoire et les facultés à lire et écrire. Ces troubles peuvent s’atténuer et même disparaître si on les repère suffisamment tôt. Ces dernières années, de nombreux outils, notamment technologiques, ont été développés afin de soutenir les élèves dans leur parcours scolaire. En ce qui concerne les troubles de l’écriture, les outils technologiques apportent une aide indispensable à la réussite scolaire.

On peut citer le logiciel WordQ, qui suggère des mots à l’élève lui permettant ainsi de se focaliser sur sa rédaction et sur le contenu au lieu d’être sans cesse anxieux quant à son orthographe. Il se présente comme une barre d’outils qui se superpose au logiciel de traitement de texte ou du navigateur internet. En fonction des premiers caractères saisis, il fait apparaître une liste de mots parmi lesquels l’utilisateur peut choisir. L’utilisation de ce logiciel permet aussi aux élèves de rédiger des textes d’une longueur plus longue (qui se limitait avant à une dizaine de lignes) avec un vocabulaire plus recherché. Une recherche a montré que les erreurs répétées commises par les élèves ayant un trouble de l’écriture gênent fortement la mémorisation de la bonne orthographe. Les logiciels d’aide à l’écriture permettent donc aux élèves de mémoriser l’orthographe correcte en proposant les bonnes réponses. Ces aides ne permettent pas de faire disparaître le trouble mais permettent aux élèves de se revaloriser, de prendre confiance en eux et d’avoir confiance en leur réussite scolaire.

En plus, des prédicteurs de mots, il existe aussi des logiciels d’organisateur d’idées. Cela permet à l’élève d’organiser ses idées sous forme de schéma en les écrivant et les reliant.

Références

 


ajouté par PB (21), le 29/11/17 - avec l'aimable autorisation d'Edutechwiki

Stratégie d’apprentissage

Le contenu de cette page est inspiré et largement extrait de Deschryver (2008).

1 Définition

Le concept de stratégie d’apprentissage est étudié dans le cadre des travaux en psychologie cognitive sur l’apprentissage des étudiants dans l’enseignement supérieur. L’apprenant utilise des stratégies pour traiter activement l’information et construire ses connaissances. Selon Parmentier et Romainville (1998) : « les stratégies sont des activités dans lesquelles l’apprenant s’engage de manière consciente. Elles sont au minimum accessibles à la conscience, explicitables. Elles peuvent être l’objet de verbalisations. Ensuite, elles sont par définition orientées vers un but. Les stratégies ne sont pas accidentelles : l’étudiant les met en œuvre pour atteindre un but, un objectif défini en termes de processus, de résultat ou de performance. Enfin, une stratégie est plus une séquence d’actions qu’un événement isolé. La notion de stratégie suppose que l’apprenant mette en œuvre une suite ordonnée d’actions. » (p.75). Les auteurs proposent par ailleurs trois types de stratégies en fonction du but visé (p.76) :

  • les stratégies cognitives qui agissent sur le traitement de l’information, regroupées par phase de traitement :
  • capter : prendre des notes, utiliser des sources, les tables de matières, les index, être attentif, comprendre des énoncés, etc.
  • traiter : résumer, faire un plan, paraphraser, vérifier sa compréhension, retirer les idées principales d’un texte, etc.
  • stocker : mémoriser, réactiver, etc.
  • utiliser : construire une réponse, gérer le rappel, utiliser des connaissances dans une situation nouvelle, etc.
  • les stratégies de gestion des ressources qui permettent à l’étudiant d’adapter son environnement ou de s’adapter à lui, de manière à être dans les meilleures conditions pour traiter l’information : les stratégies de gestion du temps, du matériel, de l’environnement et des ressources humaines ;
  • les stratégies métacognitives par lesquelles l’étudiant prend du recul par rapport à ses apprentissages et les analyse pour les adapter.

Il existe de nombreuses classifications de stratégies qui se centrent sur certaines dimensions plutôt que d’autres. Vermunt (1996) ajoute la dimension affective : se concentrer, faire des efforts ; gérer ses émotions.

2 Recherche et perspectives pour la pratique

Dans la recherche sur les stratégies des étudiants, on se demande s’il existe des stratégies particulières dont l’usage favoriserait la réussite à l’université. Romainville (2000) propose un bilan de nombreuses recherches réalisées sur cette question, aux résultats parfois contradictoires.

  • Un étudiant qui réussit mieux est celui qui met en œuvre des stratégies de gestion de son travail personnel. Par ailleurs, il mettra en œuvre ces stratégies s’il est engagé dans ses études. Cela renvoie à la théorie de la motivation de Viau (1997) où l’engagement est considéré comme un des indicateurs de la motivation avec la persévérance. Engagement et persévérance seraient influencés par la perception que l’apprenant a de la valeur de l’activité, de sa compétence pour la réaliser et de la contrôlabilité de l’activité (Viau, 1997).
  • L’étudiant qui réussit mieux traite plus en profondeur, élabore, organise l’information à apprendre. Ceci renvoie par exemple à une étude de Tang (1998, cité par Prosser et Trigwell 1999) qui compare les stratégies utilisées par des étudiants qui se sont spontanément constitués en groupes alors que d’autres sont restés seuls, et les met en lien avec les résultats d’apprentissage. Elle met en évidence de meilleurs résultats pour les « collaborants », mettant ce résultat en lien avec les stratégies spécifiques utilisées par ces étudiants (comparer, relier, critiquer, échanger, analyser, etc.), favorisant une approche en profondeur.
  • Une troisième conclusion de Romainville est que l’étudiant efficace dispose d’une variété de stratégies qu’il peut utiliser en fonction des exigences du contexte et enfin pour réaliser cette adaptation, est capable d’exercer une réflexion métacognitive sur ses manières d’apprendre. C’est la qualité de cette réflexion qui serait déterminante pour améliorer l’efficacité de l’apprentissage. Cette activité métacognitive est définie comme la mise en œuvre d’opérations mentales sur sa propre cognition, certaines produisant des connaissances, un savoir métacognitif et d’autres des actions, des ajustements dans ses manières d’apprendre. Ainsi, on peut considérer que lorsque l’apprenant est amené à verbaliser ses stratégies d’apprentissage lors d’un entretien, il met en quelque sorte en œuvre des stratégies métacognitives qui produiront au minimum des connaissances sur sa manière d’apprendre. Ces connaissances peuvent porter sur des caractéristiques de l’apprenant (style cognitif, forces et faiblesses, etc.) sur la tâche ou sur les stratégies elles-mêmes.

3 Références

  • Deschryver, N. (2008). Interaction sociale et apprentissage en formation hybride. Thèse de doctorat: Université de Genève, FAPSE.(lien pdf)
  • Parmentier, P. et Romainville, M. (1998). Les manières d’apprendre à l’université. In M. Frenay, B. Noël, P. Parmentier et M. Romainville(dir.), L’étudiant-apprenant.(63-80). Bruxelles: De Boeck.
  • Romainville, M. (2000). L’échec dans l’université de masse. Paris: L’Harmattan.
  • Tang, C. (1998). Effects of collaborative learning on the quality of assignments. In B. C. Dart et G. M. Boulton-Lewis(dir.), Teaching and learning in Higher Education.Melbourne: Australian Council for Educational Research.
  • Vermunt, J. D. (1996). Metacognitive, cognitive and affective aspects of learning styles and strategies: a phenomenographic analysis. Higher Education, 31, 25-50.
  • Viau, R. (1997). La motivation en contexte scolaire. Bruxelles: De Boeck.

ajouté par PB (21) le 29/11/17 - avec l'aimable autorisation d'edutechwiki

Modèles d’ingénierie/conception pédagogique Elearning

1 Introduction

La formation «  en ligne  » dite «e-learning  » est «l’utilisation des nouvelles technologies multimédias de l’Internet pour améliorer la qualité de l’apprentissage en facilitant d’une part l’accès à des ressources et à des services, d’autre part les échanges et la collaboration à distance.»(Commission européenne, 2001)

Avec le développement de l’apprentissage à distance, de plus en plus de formations sont accessibles via elearning. Cependant, le fait d’être disponible en ligne n’est pas une garantie en soi de la qualité du contenu pédagogique. En effet:

  • TOUT COMME les formations présentielles, le contenu d’un module elearning doit s’appuyer sur des modèles pédagogogiques et,
  • TOUT COMME La gestion de projet, le contenu d’un module elearning doit s’appuyer sur un processus d’élaboration précis et suivre différentes étapes.

L’objectif de cette page est de présenter les deux modèles d’ingénierie les plus connus pour la conception elearning:

  • le modèle ADDIE (destiné aux personnes novices)
  • le modèle SAM (destiné aux personnes plus expérimentées)

 

2 La méthode analytique : le modèle ADDIE (Analyze, Design, Development, Implement, Evaluation)

Le modèle ADDIE est le plus connu et le plus utilisé actuellement. Cette approche analytique centrée sur le problème suit un processus régulier avec des étapes à franchir et des livrables à chaque étape. Cette approche permet aux personnes novices de suivre un cheminement de production

Il comporte 5 phases :

  • Analyse
  • Design
  • Développement
  • Implantation
  • Evaluation

Voici comment ce modèle peut être schématiser selon Vincent Mar (Wikipédia, 2007)

source :https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/40/Model-ADDIE-blue.png

La première phase, la phase d’analyse correspond à l’analyse des besoins de formation c’est à dire définir le contexte de formation, les objectifs de formation c’est à dire les résultats attendus dans la pratique), déterminer le public cible, déterminer la faisabilité du projet (en termes de risques / opportunité), définir les contraintes (matérielles, humaines, techniques, contextuelles).

Livrable : analyse des besoins de formation voire cahier des charges de la formation

La deuxième phase, la phase de design (aussi appelé scénarisation pédagogique) consiste à définir les objectifs d’apprentissage (traduction des besoins de formation en objectifs pédagogiques), déterminer les éléments de contenu qui seront abordés dans la formation, choisir une stratégie pédagogique, définir le scénario pédagogique (storyboard) et sélectionner les médias d’apprentissage.

Livrable : synopsis (description générale de la formation) et scénario pédagogique (description détaillée de la formation).

La troisième phase, la phase de développement consiste à développer les contenus et les activités de formation a proprement parlé (suite de la phase de design) c’est à dire mettre en forme le matériel pédagogique sous forme de powerpoint, de PDF, de séquence elearning (LAMS par exemple).

Livrables :supports de formation : modules, documents multimédias …

La quatrième phase, la phase d’implantation consiste à mettre la formation à disposition des apprenants c’est à dire l’intégration du dispositif sur une plateforme de formation à distance comme Moodle, la rédaction des consignes pour les apprenants, la formation des tuteurs, le planning de formation.

Livrables : planification d’implantation avec phase de test et de réajustement en amont.

La cinquième phase, la phase d’évaluation consiste à évaluer la qualité et l’efficacité de la formation afin de vérifier si les objectifs initiaux sont atteints et, le cas échéant, de procéder à des ajustements. Cette phase consiste à évaluer le contenu de formation mais aussi le dispositif de formation. Cette phase est souvent délicate à mettre en place notamment concernant le contenu de la formation car il est difficile d’isoler précisèment les apports d’une formation.

Livrable : rapport d’évaluation.

Ces phases ne sont pas forcément linéaire, le processus est souvent itératif (allers-retours entre les différentes phases). L’itération permet de vérifier régulièrement que l’on se dirige dans la bonne direction.

3 La méthode agile : le modèle SAM (Successive Approximation Model)

Ce modèle propose une approche plus itérative du processus de conception pédagogique.

SAM (Successive Approximation Model) est une méthode dite « agile » (contrairement à la méthode analytique ADDIE) en proposant une approche itérative et qui s’appuie sur la notion de prototype.

Cette méthode permet d’avoir, à chaque étape, une visibilité sur les résultats.

Voici comment ce modèle peut être représenté schématiquement selon Michael Allen dans son livre « Leaving ADDIE for SAM »

1463-figure1.jpg

Le principe clé de ce modèle est l’itération. L’itération consiste à réaliser des évaluations et procéder à des ajustements tout au long de la phase de conception. Cette démarche permet, en outre, de réaliser des économies. En effet, plus les changements sont effectués en aval et plus il sera couteux de modifier le projet. Le modèle SAM se base sur des étapes plus simple que le modèle ADDIE (où chaque étape doit être réalisée avec le plus de précision possible) ce qui permet d’effectuer des ajustements rapidement.

L’élément important dans ce modèle est le prototype. Le prototype est souvent développé avec peu de graphismes. Cependant, l’intérêt principal est de pouvoir matérialiser et donc communiquer le contenu de formation aux parties prenantes (apprenants, commanditaire) leur permettant de comprendre la formation, de poser des questions et faire des commentaires.

Ce modèle est assez récent et a donc peu de critique (Avril 2016) pour le moment).

4 Bibliographie

Livre à consulter :

  • Allen, M., Sites, R. Leaving ADDIE for SAM: An Agile Model for Developing the Best Learning Experiences. Alexandria, VA: ASTD Press. ISBN: 978-1-56286-711-9. 208 pages.

ajouté par MBA (21), le 29/11/17 - avec l'aimable autorisation d'Edutechwiki

E-portfolio

1 Introduction

Un e-portfolio est défini comme une collection d’informations qui illustre la scolarité, l’apprentissage ou la vie professionnelle d’une personne à travers une sélection de résultats marquants au cours de formations ou d’études. Il regroupe les réflexions personnelles de l’apprenant sur son apprentissage, son parcours. Un e-portfolio met en évidence des documents qui appartiennent à l’étudiant, qui peut le conserver d’un cadre d’enseignement à l’autre. Il résume la trace de l’apprentissage réalisé pour l’étudiant.

Autres définitions

  • Le terme « portfolio » tel qu’on le connaît sert, dans certains domaines tels que l’art ou l’architecture, à organiser et présenter des travaux ou à produire un contexte pour une discussion. Il peut également servir de support rassemblant feedback et compte rendus de professeurs, mentors, collègues et à démontrer les progrès et réussites d’un apprenant au fil du temps. Avec le développement des nouvelles technologies, plusieurs changements ont eu lieu notamment au niveau du type d’apprentissage (par exemple l’utilisation de supports numériques) mais également au niveau de l’accessibilité et la capacité de stockage des réseaux. Ce dernier aspect a fait que l’espace de stockage n’est plus réellement un problème et a permis entre autres, le développement de projets e-portfolio.
  • Un e-portfolio est défini comme étant une collection d’informations qui illustre la scolarité, l’apprentissage ou la vie professionnelle d’une personne à travers une sélection de résultats marquants au cours de formations ou d’études mais aussi qui regroupe les réflexions personnelles de l’apprenant sur son apprentissage, son parcours, la planification d’une carrière ou la construction d’un CV. Ce dernier aspect est un point fondamental qui différencie l’e-portfolio du portfolio classique.(eportfolio Australia)
  • Réfléchir sur son propre parcours d’apprentissage va permettre à l’apprenant de mieux intégrer ses différentes expériences d’apprentissage. (University of Waterloo)

1.1 Types d’eportfolio

On peut distinguer plusieurs formes d’e-portfolio:

  • E-portfolio d’apprentissage ou de développement: dossier qui démontre la progression et le développement des compétences de l’apprenant sur une période de temps. Ce dossier inclut en général des éléments d’auto-évaluation, des réflexions et des feedback apportés par l’enseignant ou le tuteur permettant qu’une nouvelle forme de communication plus riche s’établisse entre eux.
  • E-portfolio d’évaluation: dossier qui sert principalement à évaluer les compétences d’un apprenant dans un domaine bien défini en fonction des objectifs de départ et des standards du programme.
  • E-portfolio de présentation: dossier servant à démontrer les compétences et travaux d’un apprenant. Il s’agit donc essentiellement de réussites que l’apprenant souhaite montrer en général à de potentiels employeurs à la fin de la formation.
  • E-portfolio hybride: La plupart des e-portfolios sont des hybrides des portfolios mentionnés plus haut car il est rare qu’il ne contienne qu’une forme de données.

2 Le e-portfolio hybride dans l’enseignement

Dans une pédagogie qui s’appuie sur l’e-portfolio, l’étudiant gère en règle générale son parcours d’apprentissage en collectionnant des éléments de son parcours qui font sens, selon les consignes de l’enseignant. La construction d’une signification personnelle doit être suscitée.

Voici quelques éléments supplémentaires que l’on peut trouver dans un scénario:

  • L’étudiant apprend à gérer son travail en fonction d’objectifs, par exemple, pour planifier des apprentissages futurs, servir de preuves de compétences face à un employé, etc ;
  • Les e-portfolio peuvent être utilisés dans un enseignement collaboratif entre pairs et professeur pour l’intégration de différentes expériences et points de vue sur l’apprentissage en cours ;
  • L’ e-portfolio facilite le développement professionnel en encourageant l’apprenant à réfléchir et à lier les aspects pratiques provenant d’activités d’apprentissage et d’échanges à l’intérieur d’une équipe ;
  • Il permet de formaliser une partie de l’apprentissage informel.

Les bénéfices de l’e-portfolio sont davantage liés au processus de développement du portfolio qu’au produit final. Danielson et Abrutyn (1997, cité par Barrett 2001a) décrit 5 étapes fondamentales:

  • Rassembler:enseignants et apprenants apprennent à garder les éléments représentatifs de leurs accomplissements tout au long de leurs apprentissages et enseignements
  • Sélectionner:les enseignants et apprenants passent en revue et évaluent les éléments qu’ils ont gardé et identifient ceux qui démontrent l’accomplissement de compétences.
  • Réfléchir:les enseignants et apprenants réfléchissent et évaluent leur propres progression au fil du temps, ainsi que les lacunes.
  • Projeter: enseignants et apprenants comparent leur réflexions aux standards et indications de performances et délimitent des objectifs d’apprentissage pour le futur.
  • Présenter:: enseignants et apprenants partagent leurs portfolios à leurs pairs.

3 Bénéfices et limites

3.1 Bénéfices

Etant donné que l’e-portfolio se base sur les travaux et les accomplissements de l’apprenant au fil du temps et en fonction d’un contexte particulier, plusieurs bénéfices peuvent en être tirés Banks)

  • gérer ses travaux et réussites: ces derniers peuvent être structurés et présentés de différentes manières en fonction du but de l’apprenant, par exemple, pour planifier des apprentissages futurs, servir de preuves de compétences face à un employé, etc.
  • prendre conscience de son rapport à la profession, mettre en perspective son évolution
  • Mieux gérer son apprentissage et sa vie en réfléchissant sur son parcours et en planifiant les futures directions à prendre
  • permettre un apprentissage basé sur l’apprenant et plutôt que sur les cours
  • présenter de manière adéquate son travail et ses réussites en fonction des personnes, par exemple à un apprenant, aux professeurs, mentors, conseillers en carrière, futurs employeurs, etc.
  • faciliter les évaluations et accréditations
  • permettre une continuité entre les interventions diverses (terrain, université, etc) tout au long du parcours de l’apprenant, d’une institution à une autre
  • favorise l’interaction sociale car il permet des informations, et de communiquer avec l’enseignant et/ou entre paires
  • faciliter le développement professionnel en encourageant l’apprenant à réfléchir et lier les aspects pratiques provenant d’activités d’apprentissage et d’échanges à l’intérieur d’une équipe. Faciliter ainsi les liens entre apprentissage formel et informel.

3.2 Limites

Malgré tous les bénéfices que peuvent amener les e-portfolios, l’eportconsortium relève plusieurs limites:

  • Contraintes de temps: la création, maintenance et évaluation d’e-portfolios demandent un temps considérable.
  • Fiabilité: il est difficile d’évaluer de manière fiable les e-portfolios
  • Compétences et accès inégaux aux technologies: les compétences en informatique varient autant chez les apprenants que chez les enseignants. De même, tous n’ont pas forcément régulièrement accès à un ordinateur.
  • Cyber-plagiat: les travaux se trouvant sur le web peuvent être plagiés s’ils ne sont pas protégés correctement par un système sécurisé.
  • Confidentialité/intimité: certaines informations peuvent être divulguées sans que l’appprenant ou l’enseignant ne le souhaite réellement.

4 Outils

Une vue globale sur des systèmes de « e-portfolio » avec quelques critères d’évaluation donne Helen Barrett dans : My « Online Portfolio Adventure »

  • Cyberfolio (plateforme en ligne initiée par T. Karsenti). Lien cassé, tout est en chinois. Existe t-il encore ? Cette page Cyberfolio mène au même résultat. Lydie BOUFFLERS (discussion) 10 février 2016 à 10:16 (CET)
  • Mahara, probablement la plateforme la plus populaire dans l’éducation supérieure.
  • Elgg : « social-software » open-source pour la création de e-Portfolios (compatible avec RSS, FOAF, XML-RPC, LDAP pour authentification)

Un exemple de cette plateforme se trouve sur: Elgg.net – une plate-forme en ligne de réseau social sur la thématique de l’éducation/formation (« Educational community »).
Code source et documentations : Elgg.org

A priori, toutes formes de technologies web permettant aux apprenants et enseignants d’écrire, réfléchir et échanger des textes sur leurs apprentissages ou enseignements (Wiki, CMS, etc.). Helen C. Barrett met à disposition plusieurs guides pour créer un e-portfolio à travers différents outils.

Il existe aussi quelques outils payants, par exemple:

  • KeeBook : un gestionnaire de portfolio électronique (exécutable local)
  • HyperStudio: un exécutable local qui permet de créer une sorte de slide-show avec la possibilité d’intégrer des textes et des médias.

5 Bibliographie et liens

  • eportfolio, «Ce site est édité par une équipe de formateurs du Greta du Velay, dans le but de mieux faire connaître l’e-portfolio, version électronique du portefeuille de compétences.»

 


ajouté par MBA (21), le 29/11/17 - avec l'aimable autorisation d'Edutechwiki

Evaluation

L’évaluation sommative, appelée aussi évaluation certificative quand il y a à la clé délivrance d’un diplôme, est une forme d’évaluation des acquis se déroulant après l’action de formation et visant à vérifier que « les acquisitions visées par la formation ont été faites ».

C’est une évaluation dont la fonction est de certifier que les apprenants maîtrisent les objectifs définis par le système, et qui débouche sur une décision d’acceptation ou de refus dans un niveau supérieur, ou sur une décision de classement.

L’évaluation certificative peut prendre deux grandes formes : l’une est liée à la notion d’examen, de l’ordre du bilan : l’évaluateur doit, au terme d’un apprentissage, certifier la maîtrise des connaissances et/ou des compétences en vue de prendre la décision de réussite ou d’échec et, éventuellement, la décision relative à un classement des apprenants sur la base de leur niveau de performance ; l’autre est liée à la notion de concours, de l’ordre de la sélection : à la jonction de deux cycles d’apprentissage (l’un entièrement terminé, l’autre susceptible de s’ouvrir), l’évaluateur peut avoir à sélectionner un certain nombre de personnes pour une nouvelle filière de formation.

Une évaluation certificative vise avant tout à déterminer les acquis de l’apprenant tant d’un point de vue qualitatif que quantitatif. Autrement dit, l’objet premier d’une évaluation certificative est ce qu’il réussit. Elle a une fonction administrative et sociale, au contraire de l’évaluation formative qui a une fonction pédagogique.

Evaluation formative

L’évaluation formative est une évaluation qui a pour fonction d’améliorer l’apprentissage en cours en détectant les difficultés de l’apprenant (diagnostic) afin de lui venir en aide (remédiation), en modifiant la situation d’apprentissage ou le rythme de cette progression, pour apporter (s’il y a lieu) des améliorations ou des correctifs appropriés.

L’évaluation formative fait partie intégrante de l’instruction pour informer et guider les enseignants de telle sorte qu’ils prennent de bonnes décisions. L’objet premier d’une évaluation formative est les erreurs commises par l’élève et les difficultés qu’il rencontre.

Au contraire de l’évaluation certificative, qui a une fonction administrative et sociale, l’évaluation formative a une fonction pédagogique.

Les implications pour l’enseignant sont nombreuses, dans la mesure où la mise en œuvre de l’évaluation formative nécessite un changement d’attitude de la part de l’enseignant : une modification des attitudes d’évaluation, du statut de l’erreur, de l’implication de l’apprenant dans la mise en œuvre des décisions pédagogiques et des évaluations1.

Selon Linda Allal2, l’évaluation formative peut être

  • rétroactive sur la base d’un contrôle ou d’une interrogation
  • interactive par une observation des comportements, des interactions orales, un regard rapide sur les productions individuelles ou en sous-groupes
  • proactive lors d’un recueil d’indices susceptibles de guider des apprentissages ultérieurs.

L’évaluation formatrice (Nunziati, 19903) est de l’autoévaluation formative, qui implique les apprenants dans le processus d’évaluation formative, en les amenant à s’approprier les critères d’évaluation, et en les responsabilisant face aux processus de gestion des erreurs. Les travaux de l’université de Aix Marseille ont montré que les performances des apprenants augmentent de façon significative lorsque ces derniers se sont approprié les critères d’évaluation. L’évaluation formatrice s’inscrit dans une approche constructiviste de l’apprentissage. Elle s’apparente à un processus d’accompagnement qui rend lisible les variables en jeu dans l’apprentissage.

Ce mode d’évaluation repose sur différents outils pédagogiques :

  • la mise en œuvre de critères d’évaluation par une démarche de contractualisation ou de négociation : l’apprenant peut mesurer le chemin parcouru et celui restant à parcourir. Ces critères permettent une décentration de l’apprenant en même temps qu’ils favorisent sa centration sur la tâche à réaliser ;
  • le concept de l’erreur formative : l’erreur est positive, elle fait partie de l’acte d’apprendre, elle doit être analysée et traitée dans une approche différenciée ;
  • les entretiens d’évaluation : ils visent à permettre à l’apprenant à prendre conscience des stratégies qu’il utilise, à porter une réflexion critique sur son activité. C’est aussi un temps de mise en confiance de l’apprenant.

L’évaluation formative, y compris l’évaluation formatrice, coupent court à tout fatalisme et permettent à l’apprenant de piloter son propre processus d’apprentissage.

 


ajouté par MBA (21), le 29/11/17 - Avec l'aimable autorisation d'Edutechwiki

Apprentissage par problèmes

1 Introduction

L’apprentissage par problèmes (problem-based learning, PBL) est défini par Finkle et Torp (1995) comme « un développement de programme d’études et un système d’instruction qui développe simultanément des stratégies de résolution des problèmes et des bases et qualifications de connaissances disciplinaires en plaçant les étudiants dans le rôle actif des résolveurs de problème confrontés avec des problèmes mal structurés qui leur renvoie le monde réel ».

Les apprenants sont engagés dans des expériences authentiques. Le PBL est intrinsèquement social et collaboratif et enseigne à des étudiants « des techniques douces » essentielles aussi bien que du contenu et des qualifications spécifiques de domaine. Par PBL, les étudiants acquièrent:

  • compétences de résolution de problèmes
  • compétences d’apprentissage auto-dirigé
  • capacités à trouver et à utiliser des ressources appropriées.
  • pensée critique
  • base de connaissances mesurables
  • capacités de performance
  • compétences sociales et éthiques
  • autosuffisance et auto-motivation
  • facilité avec l’ordinateur
  • compétences de leadership
  • capacité de travailler en équipe
  • compétences de communication
  • pensée proactive
  • Congruence avec compétences en milieu de travail

2 Qu’est-ce que l’apprentissage par problème?

2.1 Un peu d’histoire

L’apprentissage par problème (PBL) est devenu populaire à cause de son apparent bénéfice quant à l’apprentissage des apprenants. PBL peut être pensé comme une combinaison de théories cognitives et constructivistes, comme celles respectivement développées par Piaget et Vigotsky. PBL est un système de développement et de livraison de programme d’étude qui identifie la nécessité de développer des compétences de résolution des problèmes comme celle d’aider les apprenants à acquérir connaissances et compétences nécessaires. La première application de PBL fut dans les écoles médicales qui examinent rigoureusement la base de connaissances des diplômés. Les professionnels médicaux doivent maintenir leur compétence dans leur domaine, et l’apprentissage tout au long de la vie est particulièrement important pour eux. Par conséquent, PBL était bien approprié à ce secteur. Beaucoup d’écoles médicales et professionnelles, aussi bien que des programmes d’étudiant en licence emploient PBL sous une certaine forme.

2.2 Vue d’ensemble et caractéristiques

  1. Utilisation de problèmes réels – les problèmes sont appropriés et contextuels. C’est dans l’opposition à des problèmes réels que les étudiants apprennent le contenu et des compétences de pensée critique.
  2. confiance dans des problèmes pour conduire le curriculum – les problèmes n’examinent pas des qualifications ; ils aident à l’étude des qualifications elles-mêmes.
  3. problèmes vraiment mal structurés – il n’y a pas une seule solution, et en tant que des nouvelles informations sont recueillies dans le processus réitératif, la perception du problème ainsi la solution, changent.
  4. PBL est centré sur l’étudiant – les étudiants ont progressivement de plus en plus de responsabilités dans leur éducation et deviennent de plus en plus indépendant du professeur pour leur éducation.
  5. PBL produit des apprenants indépendants pour toute la vie – les étudiants continuent à apprendre tout seuls dans la vie et dans leurs carrières.

(1-3 adapté de Stepien & Gallagher 1993; Barrows, 1985 // 4 & 5:FromProblem Based Learning Initiative)

2.3 Centré sur l’apprenant

Pose significative, mis dans un contexte, vraies situations du monde, et fournissant des ressources, conseils et instructions aux étudiants lorsqu’ils développent leurs connaissances du contenu et des compétences de résolution de problème (Mayo, Donnelly, Nash, & Schwartz, 1993). Dans PBL, les étudiants collaborent pour étudier les questions d’un problème pendant qu’ils tachent de créer des solutions viables. Enseigner en PBL se fait normalement par petits groupes de discussions facilitées par un tuteur (Aspy, Aspy, & Quimby, 1993, Bridges & Hallinger, 1991).

Puisque la quantité d’instructions directes est réduite dans PBL, les étudiants assument une plus grande responsabilité de leur propre apprentissage (Bridges & Hallinger, 1991). Le rôle de l’enseignant devient celui d’expert de la matière, guide de ressource, consultant des tâches du groupe. Cet arrangement favorise le traitement d’information par le groupe plutôt qu’une communication d’information par l’enseignant (Vernon & Blake, 1993). Le rôle de l’enseignant est d’encourager la participation des apprenants, de fournir l’information appropriée pour garder les apprenants dans le bon chemin, d’éviter les feed-back négatifs et, d’assumer le rôle de camarade de l’apprenant (Aspy et al., 1993).

2.4 Aller au-delà du contenu

La capacité à résoudre des problèmes est plus qu’une simple accumulation de savoir et de règles; C’est le développement de stratégies cognitives flexibles qui aident à analyser les situations non-anticipables et non-structurées afin de produire des solutions pleines de sens.

Les problèmes de la vie réelle sont rarement bien structurés; la capacité à résoudre des problèmes traditionnels d’école est donc peu pertinente pour développer les capacités de résolution de problème dont les apprenants ont besoin pour vivre en dehors de la salle de classe. Les problèmes de la vie réelle sont très changeants en termes de but, contexte, contenu, obstacles et inconnus qui influencent comment chaque problème doit être approché. Pour réussir, les apprenants ont besoin de pratiquer la résolution de problèmes non-structurés qui reflètent la vie hors de la classe. Cette aptitude est le but de PBL.

C’est probablement pourquoi plus de 80% des écoles médicales utilisent la méthodologie de PBL pour enseigner des cas cliniques aux apprenants, soit réels soit hypothétiques (Vernon & Blake, 1993, Bridges & Hallinger, 1991).

3 Versions de PBL

Edwin Bridges (1992) suggère qu’il y a deux versions de PBL qui ont été implémentées dans la salle de classe.

3.1 Le PBL stimulé par problème (PS PBL)

Le PS PBL utilise des problèmes appropriés de rôle afin d’introduire et présenter de nouvelles connaissances

Le PS PBL souligne trois buts principaux :

  1. développement de compétences spécifiques à des domaines
  2. développement de compétences de résolution des problèmes
  3. acquisition d’une connaissance spécifique à des domaines

3.1.1 Le processus de PS PBL

  1. Les apprenants reçoivent le matériel d’apprentissage suivant:
    1. Le problème ;
    2. une liste d’objectifs que l’apprenant apprend à maîtriser en travaillant sur le problème;
    3. une liste de références des matériaux qui concernent les objectifs de base;
    4. des questions qui se focalisent sur les concepts importants et les applications des connaissances de bases.
  2. Les apprenants travaillent en équipe pour compléter le projet, résolvent le problème et accomplissent les objectifs d’apprentissage.
    1. chaque étudiant a un rôle particulier dans l’équipe – leader, animateur, enregistrer, ou membre de l’équipe
    2. Le temps alloué à chaque projet est fixe
    3. L’équipe planifie elle-même son programme et ses activités et décide comment utiliser le temps alloué.
  3. La performance des étudiants est évaluée par les instructeurs, les pairs, et des questionnaires d’auto-évaluation, des entretiens, des observations et autres méthodes d’évaluations.

Dans tout le processus, les enseignants servent de ressources aux équipes et fournissent le soutien et la direction si l’équipe le demande ou si le projet suit une mauvaise évolution.

3.2 PBL centré sur l’étudiant (SC PBL)

Le PBL centré sur l’étudiant (Student Centred PBL ou SC PBL) est similaire à PS PBL. SC PBL a les mêmes buts que PS PBL, mais en rajoute un en plus : stimuler l’apprentissage de compétences sur le long terme. Les médecins sont un des groupes de professionnels qui se doivent de rester au courant des nouveaux développements dans leur domaine. Les compétences d’apprentissage à long terme sont donc particulièrement importantes pour ce groupe. Par conséquent, plusieurs écoles de médecine utilisent SC PBL.

3.2.1 Le processus de SC PBL

  1. Les apprenants reçoivent la situation du problème.
  2. Les étudiants travaillent sur le problème dans une équipe.
  3. Les étudiants sont évalués de multiples manières par les instructeurs, les pairs et eux-mêmes.

Le processus semble être semblable à celui du PS PBL, mais il existe des différences significatives à chaque étape, qui sont conduites dans le but de stimuler des compétences d’apprentissage pour toute la vie. Les différences principales sont dans les responsabilités de l’apprenant: Dans le SC PBL:

  • Les étudiants identifient les questions d’apprentissage qu’ils souhaitent explorer;
  • Les étudiants déterminent le contenu qu’ils souhaitent maîtriser;
  • Les étudiants déterminent et localisent les ressources à utiliser.

En bref, les étudiants ont défini eux-mêmes les questions d’apprentissage. Comme cela était le cas avec le PS PBL, les étudiants décident comment utiliser correctement les informations et la connaissance nouvellement acquise pour résoudre le problème actuel.

4 Les Avantages de PBL

4.1 Accent mis sur le sens, pas sur les faits

La plupart des étudiants retiennent et emploient peu de ce qu’ils apprennent par coeur dans des situations de salle de classe. PBL essaie de casser cela auprès des étudiants en les engageant à trouver des solutions pour la vraie vie à un problème approprié, contextualisé. Les apprenants deviennent actifs dans un apprentissage plein de sens, au travers des lectures dans les forums de discussion, du tutorat de l’enseignant et des recherches collaboratives.

4.2 Gestion personnelle augmentée

Comme les étudiants recherchent des solutions à leurs problèmes « scolaires », ils tendent à assumer la responsabilité de leur apprentissage. Ils utilisent leurs propres ressources (journaux, recherches en ligne,…(Vernon & Blake, 1993)), et des manuels, journaux et discussions (Albanese & Mitchell, 1993) plus souvent que les apprenants traditionnels. Ils changent aussi leur point de vue sur les enseignants, qui passent du statut de sources de réponses à celui de ressource potentielle pour travailler une solution pertinente du problème (Aspy, Aspy, & Quimby, 1993). Ensemble, ces processus et compétences d’apprentissage aident l’apprenant à devenir plus compétent dans la recherche d’information que les apprenants traditionnels.

4.3 Une meilleure compréhension et de meilleures compétences de développement

PBL fournit plus de sens, d’applicabilité et de pertinence aux matériaux de salles de classes. Quand les problèmes sont engagés, difficiles et profitables, les hauts niveaux de compréhension et les compétences de développement se développent mieux que dans l’instruction traditionnelle (Albanese & Mitchell, 1993). Les contextes réels et les conséquences ne permettent pas seulement à l’apprentissage d’être plus profond et durable, mais augmentent en plus la transférabilité des compétences et de la connaissance acquises en classe vers le travail (Gallagher, Stepien, & Rosenthal, 1992). Cette transférabilité est augmentée parce que les apprenants sont capables de pratiquer la connaissance et les compétences dans un contexte fonctionnel, permettant aux étudiants de mieux imaginer ce que cela pourrait être d’utiliser la connaissance et les compétences dans le travail (Bridges, 1992).

4.4 Compétences interpersonnelles et travail en équipe

PBL incorpore les équipes collaboratives dans la résolution de problèmes pertinents. Cela promeut les interactions entre étudiants et dans le travail d’équipe, améliorant de ce fait les compétences interpersonnelles (Bernstein et al., 1995; Vernon, 1995) telles que travailler dynamiquement avec un groupe, évaluer ses pairs, et comment présenter et défendre leurs projets (Delafuente, Munyer, Angaran, & Doering, 1994).

4.5 Attitude auto-motivée

Les apprenants favorisent les classes de PBL et démontrent donc une assistance et des attitudes augmentées par rapport aux classes traditionnelles (Vernon & Blake, 1993). Ils pensent que PBL est une méthode d’apprentissage plus intéressante, stimulante et agréable. Ils sont moins souvent menacés par leur environnement et plus aptes à poursuivre un apprentissage indépendant. Prises ensembles, ces attitudes aident les apprenants à augmenter leur auto-motivation (Vernon, 1995) et leur indépendance d’apprenant, qui aide les étudiants à continuer leurs pratiques d’apprentissage une fois l’école finie (Aspy et al., 1993).

4.6 Niveau d’apprentissage

Les évaluations faites dans le domaine médical indiquent que les étudiants qui ont appris via PBL maîtrisent le contenu aussi bien que ceux qui l’ont appris d’une manière traditionnelle (Aspy et al., 1993). Les étudiants en médecine qui utilisent PBL ont de meilleurs résultats que les étudiants traditionnels en respectant les capacités d’apprentissage, de résolution de problème, de techniques d’auto-évaluation, de collection de données, de sciences comportementales, et leur relation avec les problèmes sociaux-émotionnels des patients (Albanese & Mitchell, 1993).

Pourquoi y a-t-il une augmentation des notes en PBL? La théorie de l’information met 3 conditions en lien. Il apparaît que les apprenants améliorent leur compréhension car: (a) ils arrivent mieux à activer leurs connaissances antérieures, (b) ils apprennent dans un contexte équivalent à leur futur contexte et (c) ils développent plus pleinement les informations présentées (Bridges & Hallinger, 1991). Une élaboration augmentée promeut les processus mentaux, la compréhension et le rappel. Parce que le contenu est appris en contexte, les définitions, les informations, les théories, les corrélations et les principes sont appris et intégrés les uns aux autres (Mandin, Harasym, & Watanabe, 1995).

5 Pourquoi utiliser PBL?

source : Bridges,1992

  1. Les étudiants retiennent peu de ce qu’ils apprennent lorsqu’on leur enseigne dans un format de lecture traditionnel (Bok 1989).
  2. Les étudiants ne font pas souvent une utilisation appropriée de la connaissance qu’ils ont acquise (Schmidt 1983).
  3. Puisque les étudiants oublient la majorité de ce qu’ils ont appris ou l’utilisent de manière inappropriée, les enseignants devraient créer des conditions qui optimisent la récupération et l’utilisation appropriée de la connaissance dans les futures pratiques professionnelles.
  4. PBL crée les trois conditions que la théorie de l’information préconise pour la récupération l’utilisation appropriée de nouvelles informations (Schmidt 1983):
    1. activation des connaissances antérieures – les étudiants appliquent la connaissance pour comprendre de nouvelles informations.
    2. similarité des contextes dans lesquels l’information est apprise et appliquée plus tard – les recherches montrent que cette connaissance est plus probablement souvenue ou rappelée dans le contexte original d’apprentissage (Godden and Baddeley 1975). PBL fournit des problèmes dans un contexte qui ressemble de beaucoup à celui des futurs problèmes professionnels.
    3. opportunités de développer l’information qui est apprise durant le processus de résolution de problème – les élaborations fournissent de la redondance à la structure de la mémoire, réduisent les oublis, et facilitent la récupération. L’élaboration arrive pendant la discussion entre pairs, avec des pairs-enseignants, l’échange de points de vue, et la préparation de dissertations sur ce que les étudiants ont appris pendant le processus de résolution de problème.

6 Les barrières du PBL

  1. Changer le curriculum : cela demande un ajustement périodique. Les enseignants doivent savoir quoi attendre et comment ajuster le tir. On leur a enseigné à utiliser des lectures et des discussions, Changer la manière de faire implique de développer un nouveau programme d’enseignement. Chaque projet de PBL requiert 120 à 160 heures de construction, tests sur le terrain et révisions (Bridges, 1992). Les enseignants ne veulent pas ajouter du travail qui sert à changer le curriculum (Aspy et al., 1993).
  2. La transition est difficile. PBL demande plus de temps aux apprenants et s’attend à ce qu’ils soient responsables et indépendants. Les enseignants et coordinateurs devraient opérer une transition en douceur pour les apprenants (Bridges, 1992). Le succès dépendra de l’efficacité de la communication et de l’orientation.
  3. Plus de temps pour enseigner le même contenu. Lorsque les enseignants considèrent le temps par semaine pour la préparation d’enseignement des problèmes en comparaison à la présentation de lectures, ils notent que cela prend plus de temps. Puisque PBL est enseigné en petits groupes et exposés incluant toute la classe, le nombre d’heures de contact entre apprenants et enseignants est réduit (Albanese & Mitchell, 1993). Plus d’enseignants seraient requis pour enseigner le même contenu dans un programme d’enseignement PBL. Si les classes ont moins de 40 étudiants, les efforts de la faculté sont comparables à l’enseignement conventionnel (Albanese & Mitchell, 1993).
  4. PBL coûte plus. Le curriculum de PBL requiert plus de petites salles équipées pour l’enseignement et un nombre de copies adéquates des ressources à la bibliothèque. A cause du nombre limité de ressources du corps enseignants, PBL n’est économique que pour des classes de moins de 40 apprenants, mais pourrait être utilisé pour des classes de plus de 100 (Albanese & Mitchell, 1993).
  5. Manque de récompenses extrinsèques pour le corps enseignant qui pratique le PBL. Les enseignants reçoivent plus de récompenses pour la recherche, la publication et l’apport de fonds que pour l’enseignement. Puisque PBL est expérimental, le manque de récompenses peut réellement créer des découragements (Bridges, 1992).
  6. Manque de compétences d’animation du corps enseignant : les enseignants ont appris en utilisant lectures et discussions. Ils sont peu enclins à cacher l’information qu’ils ont lorsqu’ils perçoivent la lutte de leurs étudiants avec leurs problèmes. Ils ont besoin d’entrainement pour développer des compétences d’animation ou ils pourraient bien échouer dans PBL (Bridges, 1992).

7 Les inconvénients de PBL

  1. Accomplissement académique: peu d’académiciens doutent des capacités des étudiants instruits dans PBL à émettre des raisonnements profonds et des compétences de construction en équipe. Puisque le centre de PBL porte sur un problème précis, un accomplissement académique est plus souvent en faveur de l’enseignement traditionnel quand des tests standardisés sont utilisés, mais on ne relève pas de différence si c’est un test non-standardisé d’évaluation qui est employé (Vernon & Blake, 1993). Ces mesures incluent des capacités de résolution de problème, de compétences interpersonnelles, des relations pairs-enseignants, capacités de raisonnement, et apprentissage auto-motivé. En contraste, l’enseignement traditionnel est jugé meilleur pour couvrir les aires de contenus de la science (Albanese & Mitchell, 1993, Vernon, 1995) et en évaluation du contenu du savoir de la science. Bien que PBL tende à réduire l’apprentissage initial, il améliore la rétention à long terme (Farnsworth, 1994).
  2. Demande en temps: les professeurs n’ont pas trop supporté le mouvement vers PBL. Contribuant à cette divergence est le temps requis pour évaluer l’apprentissage des étudiants (Delafuente, Munyer, Angaran, & Doering, 1994; Vernon, 1995), préparer le matériel de cours, et permettre aux apprenants de compléter la réduction de couverture du matériel de cours du au manque d’efficacité du PBL.
  3. Rôle de l’apprenant : à cause de l’orientation de leurs instructeurs vers l’expertise de la matière et de la traditionnelle mémorisation de faits demandée aux étudiants, nombre d’entre eux semble avoir perdu la faculté de  » simplement s’interroger sur quelque chose » (Reithlingshoefer, 1992).
  4. Rôle de l’enseignant : dans PBL, l’enseignant agit plus comme un animateur que comme un dissémineur d’informations. En fait, les enseignants centralisent leur attention sur la logique et les croyances de questionnement des étudiants, fournissant des indices pour corriger des erreurs de raisonnements de l’étudiant, leur fournissant des ressources pour leurs recherches et les gardant focalisés sur la tâche. Parce que ce rôle sera étranger à quelques enseignants, ils auront des difficultés à casser leurs anciennes habitudes.
  5. Problème approprié : Générer la bonne question est le point le plus critique en PBL. Sans un problème qui englobe à la fois un but large et des objectifs spécifiques avec lesquels les étudiants doivent trouver leur manière d’atteindre la solution au problème, il y a de forts risques que les informations importantes ne soient pas étudiées.
  6. Evaluation de l’apprenant : PBL diffère de l’enseignement traditionnel d’une quantité de manière, et donc la connaissance de l’apprenant et la réussite peuvent être mieux mesurés avec des méthodes alternatives d’évaluation. Ces méthodes incluent des examens écrits, des examens pratiques, des cartes conceptuelles, des évaluations par les pairs, de l’auto-évaluation, de l’évaluation par les tuteurs, des présentations orales, et des rapports écrits.

8 Comment dépasser les barrières et implémenter PBL

  1. Vaincre la résistance: les membres du corps enseignant ne sont pas familiers avec PBL et sceptiques quant au besoin de changer. C’est important de leur montrer des exemples de succès et de leur expliquer au travers de documents comment ça marche. En plus, il est important pour les enseignants d’être impliqué et de se faire leur propre opinion. De les engager dans des activités comme simple observateurs-animateurs, de leurs permettre de pratiquer à un niveau qui construit la confiance et assure le succès. A travers une participation, ils supporteront le changement et seront convaincus de sa rationalité. Des expériences directes avec PBL tendent vers des attitudes plus favorables parmi les apprenants et les enseignants (Bernstein, 1995).
  2. Récompenser les enseignants pour leur participation à PBL : les enseignants qui participent à PBL devraient recevoir de la reconnaissance pour l’écriture de scenarii-problèmes et pour l’enseignement à de petits groupes, aussi bien qu’ils le reçoivent lorsqu’ils publient des articles ou font des conférences. Les enseignants s’engageront dans des activités ayant pour résultat la promotion, l’occupation et des augmentations de salaires. Les activités PBL doivent être incluses dans des comportements qui sont récompensés par le système.
  3. Trouver du temps et de l’argent : les enseignants ont besoin de temps pour planifier et développer les cours en PBL. Ils ont aussi besoin de temps pour continuer leurs autres devoirs si on leur demande à la fois d’enseigner en PBL et de manière traditionnelle. Les options à considérer peuvent inclure l’embauche temporaire d’enseignants supplémentaires, l’utilisation de matériaux PBL de programmes déjà existants, de lever des fonds de sources extérieurs, de limiter le nombre d’apprenants à qui l’on enseigne simultanément, et d’accepter la surcharge (Bridges, 1992).
  4. Entrainer les animateurs: Entrainer les enseignants à utiliser PBL est simple et fructueux. L’entrainement des enseignants se fait par petits groupes de discussion sur les problèmes d’enseignement de la vraie vie, ce qui inclut les barrières, les buts et les exigences (Wilkinson & Sherman, 1991).
  5. Stratégie : Les enseignants devraient lire sur PBL et sur comment faciliter de petits groupes de discussions. Les enseignants devraient appréhender le point de vue des apprenants. Ils devraient créer des forums pour animateurs sur lesquels les questions sur le PBL pourraient survenir. Le corps enseignant devrait promouvoir la recherche de feedback de la part d’étudiants. Une forme de réponse (Talk Back Form) est recommandée par Bridges (1992) et implique de questionner les étudiants pour compléter un questionnaire évaluant les problèmes qu’ils ont rencontrés et comment cela pourrait être amélioré.

9 Caractéristiques d’un problème de PBL

Les problèmes PBL devraient être crées avec : (1) une introduction, (2) un contenu, (3) des objectifs d’apprentissage, (4) des ressources, (5) un résultat attendu, (6) des questions de guidage, (7) des exercices d’évaluation et (8) un encadrement temporel (Bridges, 1992).

Ces descripteurs sont utilisés pour les animateurs et non pour les apprenants. Il est important d’avoir une version « guide pour animateur » et une version « apprenant » du problème. Les étudiants doivent être guidés pour répondre à la fois aux objectifs impliqués dans la résolution du problème et à ceux reliés au processus.

10 Créer un problème approprié

  • Choisir un problème pertinent,
  • Garantir que la couverture du problème inclut la « grande idée », les compétences de bases et
  • Garantir que la complexité du problème « mime » celle des problèmes de la vie réelle.

10.1 Pertinence

Puisque la plupart des solutions de problèmes PBL prend une longue période de temps pour arriver à la solution, il est important de maintenir la motivation, qui peut être améliorée lorsque les apprenants comprennent la pertinence du problème travaillé en classe (Ostwald, Chen, Varnam, & McGeorge, 1992). Un autre avantage qui résulte de l’incorporation de problèmes pertinents est la capacité des apprenants à transférer les compétences et la connaissance acquises à la vie en dehors de la classe, et leur capacité à résoudre les problèmes du monde réel. Pour augmenter la pertinence : se focaliser sur des problèmes portant sur des événements courants, de la vie des apprenants, ou des relations sur des événements à un niveau local, national ou international. Baser des problèmes d’éducation sur des problèmes existants n’aide pas seulement les étudiants à voir la pertinence de leur activité, mais aussi à développer une appréciation de la manière avec laquelle les professionnels analysent, desginent, et développent des solutions pour leurs problèmes.

10.2 Couverture

Pour aider à garantir que votre problème guidera les apprenants vers les informations appropriées : (1) identifier l’image ou le concept majeur, l’idée principale que vous voulez que les étudiants accomplissent. Cela donnera une colonne vertébrale à votre problème. (2) Identifier les faits et concepts basiques que vos étudiants doivent découvrir en résolvant leur problème. Parfois référées aux objectifs, ces unités servent à définir les fondements de ce que les apprenants devraient rencontrer la solution de leur problème (3) Créer un problème qui ne focalise pas uniquement les étudiants sur des larges problèmes mais les guide également à travers les objectifs. (4) Etre sûr que les ressources sont disponibles pour les étudiants durant leur analyse du problème et pour leur solution.

10.3 Complexité

Les problèmes complexes offrent de nombreux avantages sur des problèmes simples. (1) La complexité permet d’assurer qu’il n’y ait pas une seule et unique bonne réponse. Avoir de multiples bonnes réponses qui prennent le problème sous des perspectives différentes et avec différentes solutions peut favoriser les discussions de classe qui stimulent le haut niveau de pensée de l’apprenant. (2) Les problèmes complexes permettent souvent l’intégration de solutions interdisciplinaires; ce qui est assez souvent le cas dans les problèmes de la vie réelle. (3) les problèmes complexes requierent en général de présenter des compétences de management, de recherche et de réflexion qui aident a différencier les moins experts des plus experts (Albanese & Mitchell, 1993). Cette différentiation peut aider à faire une classification standard dans la classe.

11 Résumé des bases psychologiques de PBL

Buts et objectifs de PBL : Encourager les compétences de résolution de problème chez les étudiants Bases psychologiques : Il n’y a pas de preuves à ce jour que l’un ou l’autre des programmes d’enseignement augmentent plus les compétences de résolution de problème qu’un autre indépendamment de l’acquisition de la connaissance.

Buts et objectifs de PBL : améliorer l’acquisition, la rétention, et l’utilisation de la connaissance. Améliorer l’intégration des sciences basiques et cliniques.
Bases psychologiques : L’activation de connaissances antérieures facilite le traitement de la nouvelle information. Des petits groupes de discussions peuvent activer des connaissances antérieures pertinentes. L’élaboration de la connaissance durant de temps de l’apprentissage augmente la récupération postérieure. Les discussions, la prise de notes, répondre à des questions ou utiliser la connaissance pour comprendre un problème sont des formes d’élaboration. La similitude des contextes facilite le rappel. Des expériences montrent que PBL permet une rétention de l’information à plus long terme que sous des conditions traditionnelles d’enseignement. Les étudiants PBL traitent l’information plus intensivement. Schmidt et al. ont trouvé que les étudiants qui discutaient de problèmes pertinents se rappelaient significativement plus d’informations que ceux qui discutaient de problèmes non significatifs. Cela suggère que discuter du problème active des connaissances antérieures qui sont élaborées et utilisées pour la compréhension de nouvelles informations.

Buts et objectifs de PBL: Transfert des principes et concepts
Bases psychologiques : Sans indices spécifiques, habituellement moins de la moitié des individus dans une expérience reconnaissent la similitude entre une nouvelle situation de problème et une qu’ils viennent de lire et de se rappeler. Afin que le transfert puisse se faire, les gens doivent traiter l’information d’une manière similaire à celle dont ils traiteraient un nouveau problème. Pour un transfert réussi, (1) le problème doit être approché sans connaissances anticipées du domaine ou principes sous-jacents; et (2) celui qui résoud le problème doit recevoir un feedback correctif sur la solution immédiatement à l’exécution.

Buts et objectifs de PBL: Intégration des connaissances basiques et cliniques
Bases psychologiques: Patel et ses collègues ont étudié les apprenants dans un cursus PBL et dans un cursus traditionnel. Les apprenants résolvaient un problème clinique et après intégraient trois passages pertinents de connaissances de science basique dans l’explication de leur problème. Les apprenants PBL offraient plus d’explications et étaient capables d’intégrer des connaissances en sciences basiques et des connaissances cliniques, mais la plupart des hypothèses étaient incorrectes. L’étude de Boshuizen et Schmidt a comparé PBL les capacités à explique une condition médicale et comment une maladie spécifique pourrait y être relié dans un cursus PBL et dans un traditionnel. La principale différence résidait dans l’approche prise par les étudiants. Les apprenants PBL prenaient une approche analytique, tandis que ceux du cursus traditionnel tendaient vers une approche basée sur la mémoire.

Buts et objectifs de PBL: Améliorer l’apprentissage auto-dirigé
Bases psychologiques: Blumberg et Michael ont montrés que les étudiants dans une session PBL partagaient plus de matériel de la bilbiothèque que ceux dans un cursus conventionnel. Il n’y a pas de preuves évidentes qui montrent que PBL produit des médecins plus aptes à se maintenir avec la littérature

Buts et objectifs de PBL: Augmenter les intérêts intrinsèques et les motivations à apprendre
Bases psychologiques : De Volder et collègues ont trouvé que les étudiants qui discutent un problème semblent plus intéressés par celui-ci et la littérature qui est reliée. Cette étude suggère que PBL implique plus les étudiants dans la matière. Toutefois, il n’y a pas de preuves que les intérêts intrinsèques pour un sujet aient un impact significatif sur les performances dans le domaine..

12 Comment structurer PBL

12.1 Considérations de design

  1. Comment PBL devrait-il être incorporé dans le cursus?
  2. Quels problèmes devraient être utilisés et comment devraient ils être présentés?
  3. Quels sont les buts pédagogiques?
  4. Comment former de petits groupes?
  5. Comment structurer chaque problème?
  6. Comment évaluer le programme et les apprenants?
  7. Quelles ressources devraient être disponibles?
  8. Comment préparer les apprenants et les enseignants pour PBL? (Bridges, 1992)

12.2 Démarrer

Anticiper et gérer l’anxiété (Bernstein, Tipping, Bercovitz, & Skinner, 1995). Expliquer à tous ce qu’il va se passer et pourquoi. Entrainer les tuteurs (Foley, Levy, Russinof, & Lemon, 1993). Orienter les apprenants vers PBL. Formuler les buts du PBL. Assigner les apprenants à PBL de manière aléatoire (Mennin Friedman, Skipper, Kalishman, & Snyder, 1993).

12.3 Créer des problèmes

Le contenu à explorer doit être raisonnable pour le temps disponible. Si le temps est une contrainte, utiliser des problèmes plus courts et moins d’objectifs (Blumberg, Soloman, & Shehata, 1994). Incorporer des objectifs de processus et des objectifs de contenu. L’efficacité de PBL repose sur les questions d’apprentissage développées par les apprenants et qui correspondent aux objectifs proposés. Les problèmes devraient couvrir suffisamment de contenu et fournir des mécanismes pour que les étudiants atteignent les objectifs.

12.4 Ligne directrices pour les problèmes

  1. situation commune qui servir de prototype aux autres situations,
  2. grande portée,
  3. prévention possible,
  4. interdisciplinarité,
  5. couverture des objectifs,
  6. orienté action,
  7. et suffisamment complexe pour incorporer des connaissances antérieures (Albanese & Mitchell, 1993).

Les apprenants débutants demandent plus de structure et plus d’indices alors que les apprenants plus expérimentés sont plus autonomes. Le meilleur format pour les problèmes est non-organisé, non-synthétisé et ouvert parce que cela permet le traitement par les apprenants (Albanese & Mitchell, 1993). Les apprenants sont motivés à utiliser leurs compétences de raisonnement et à relier le contenu à leur propre contexte et connaissances antérieures (Albanese & Mitchell, 1993). On peut utiliser des logiciels pour des cours de PBL, mais il faut éviter de dire aux apprenants que la solution est atteinte. Cela stoppe le processus d’apprentissage. Se contenter de montrer les stratégies inapropriées.

12.5 Evaluation

L’évaluation est un processus itératif. Etre préparé à opérer des changements durant l’expérience (Bernstein, Tipping, Bercovitz, & Skinner, 1995).

12.6 La bibliothèque

Garantir que les ressources et le temps sont disponibles pour une étude seuls. « SI les apprenants sont véritablement autorisés à faire leur propre apprentissage, il est important qu’on leur fournisse l’infrastructure nécessaire » (Rangagachari, 1991). Les apprenants PBL étudient plus dans la bibliothèque que des étudiants conventionnels et étudient plus pendant le jour que le soir. Augmentant le temps passé à former les apprenants, réduire le temps qu’ils passent à étudier seuls (Williams, Saarinen-Rahikka, & Norman, 1995). Les limites du temps d’enseignement montrent celle de l’étude autonome des apprenants. Si les étudiants doivent apprendre les sciences de base ou du matériel similaire pour des examens standardisés au niveau national, augmenter les possibilités d’auto-évaluation de l’apprenant, permettre du temps supplémentaires d’évaluation.

12.7 Exemples et facilitation de PBL

Les problèmes de la vraie vie sont par nature interdisciplinaires et toutes les disciplines peuvent suivre l’approche mentionnée. L’apprentissage par problème est initié avec la présentation d’un problème mal structuré. Les programmes qui se concentrent sur des problèmes bien définis « ordonnés » ne semblent pas avoir un effet sur la manière dont les étudiants approchent de vrais problèmes dans le chemin de carrière qu’ils choisissent (Gallagher, Stepien, & Rosenthal, 1992). Pour placer l’étape et orchestrer un format de PBL, on présente ici des points qu’un instructeur peut incorporer pour réaliser un tel cours, avec un exemple d’école médical joint.

12.8 La médecine mélange ordinateurs et PBL

  1. Des équipes d’étudiants de 5 ou 6 personnes se rencontrent et on leur fournit la description de la maladie d’un faux patient par le réseau informatique. L’ordinateur permet aux étudiants d’avoir accès à l’historique, aux explications médicales, et aux données de diagnostique pour le cas présenté. Ils décident alors les questions d’apprentissage, ce que cela implique dans chaque cas et comment faire pour les résoudre. Les analyses et les solutions apportées au problème sont enregistrées dans l’ordinateur et conservées.
  2. La salle de classe, qu’elle soit virtuelle ou présentielle, est transformée dans un tutoriel où les instructions prennent la forme d’un processus qui évolue parmi les étudiants dans une équipe et avec leur professeur. Les instructeurs agissent comme des tuteurs/facilitateurs analysant et guidant les stratégies de pensées des étudiants et en modélisant ces processus pour eux. Le rôle de l’enseignant est un peu « coach meta-cognitif ». Il prend un rôle d’interrogations, de sondage, d’encouragement, d’évaluation critique; il met aussi l’accent là où il faut, promeut l’interaction et incite les étudiants à se rendre compte des compétences de raisonnement qu’ils emploient (Gallagher, et. al., 1992). Comme différents groupes travaillent sur le même problème, leurs progres sont contrôlés par l’enseignant et le feedback est délivré, avec des matériaux de recherches identifiés pour les équipes. Celles-ci établissent les tâches pour elles-mêmes et s’y attaquent.
  3. Après un ou deux jours, les étudiants sont reconvoqués pour ré-examiner le problème exemple et tenter d’y apporter une solution en rapport avec leurs résultats. Une fois de plus, l’ordinateur est utilisé pour enregistrer et gérer les progrès comme avant.
  4. Ensuite tous les groupes se rencontrent ensemble avec l’enseignant. A ce moment les étudiants assumeront le rôle d’expert pour le sujet qu’ils ont exploré et présenteront leurs résultats. L’enseignant donnera une description experte de la solution du problème (leçons sur les concepts en sciences basiques associés avec le problème) et fournissent à chaque groupe un feedback concernant leurs efforts et leurs résultats. L’enseignant attend jusqu’à ce que les étudiants aient identifié eux-même les besoins d’informations spécifiques pour résoudre leur problème, puis les fournissent.
  5. Cette procédure sera répétée pour un groupe de problèmes prototypiques couvrant une unité d’enseignement. Le caractère en spirale de ce cursus séquence des projets ainsi chaque projet successif affine et complète la connaissance et les qualifications développées dans les projets précédents. L’avantage pour les étudiants, c’est que cela leur fournit des opportunités de répéter et affiner leurs compétences (Bridges, 1992).
  6. Après que les équipes d’étudiants aient accomplis une unité d’enseignement, l’intégration par l’ordinateur permet une pratique étendue pour les individus. Les apprenants seront capables d’utiliser l’ordinateur pour exercer des problèmes analogues à ceux présentés dans l’unité et de voir le travail des autres. L’ordinateur montrera la méthode par laquelle les essais ont été faits et enregistrera les informations dans la base de donnée. Il comparera les méthodologies des étudiants à une évaluation standardisée et enregistrera les différences. Les Feedback sont disponibles immédiatemment, ce qui est en accord avec les résultats de Norman and Schmidt (1992), indiquant l’importance du feedback immédiat aux étudiants après qu’ils aient tenté de résoudre un problème.
  7. L’évaluation peut être administrée en utilisant l’ordinateur sur la base des performances des étudiants à une évaluation standardisée (Farnsworth, 1994).

Résumé Une fois que les professeurs abandonnent le rôle du conférencier, ils sont forcés de développer et d’augmenter leur répertoire des réponses d’enseignement : écouter les étudiants, répondre aux questions, aider les étudiants à formuler les bonnes questions, formuler les problèmes; prendre des décisions efficaces; diriger les étudiants pour qu’ils s’approprient les ressources matérielles ou celles de l’enseignant; et être un camarade d’étude. Utiliser des ordinateurs dans ces buts inquiète quand à l’efficacité et l’économie reliée à la structure d’un cours PBL (Farnsworth, 1994).

13 A quoi ressemble PBL dans la salle de classe?

Il y a plusieurs modèles qui expliquent le fonctionnement de PBL dans la salle de classe. Tous s’accordent à dire que dans un cursus PBL :

  1. les étudiants travaillent à travers une série de problèmes conçus pour :
    1. être authentiques (basés sur les soucis du monde réel)
    2. viser des champs spécifiques du cursus
    3. être mal-structurés – ils doivent être définis et analysés par l’enquête d’un mimimum d’information présentées
    4. approximer le monde réel, de telle manière que les étudiants se trouvent en fait eux-même engagés dans le problème et ne soient pas juste des observateurs;
  2. Le rôle de l’instructeur change pour passer de « sage du domaine » à « guide accompagnant »;
  3. Les étudiants travaillent collaborativement en petits groupes, à la résolution du problème

Barrows (1985) propose le modèle suivant sur le processus de PBL:

Processus But
Les étudiants lisent et examinent le problème sans préparation préalable.
  • Apprend aux étudiants à encoder et organiser l’information de manière utile.
  • Permet aux étudiants de trouver ce qu’ils savent et ce qu’ils ignorent. Les fausses idées peuvent être corrigées en discutant du problème.
  • Imite le contexte de la vraie vie qu’ils aurant en tant que médecins.
Les étudiants discutent et analysent les problèmes utilisant des connaissances antérieures et des ressources disponibles.Le tuteur pose des questions: p.ex. Avez-vous besoin de plus d’information? Etes-vous surs des faits ou une révision serait-elle utile? Pensez-vous que plus d’information sur le sujet vous serait utile?

Les tuteurs encouragent le travail sur les hypothèses en science.

  • Développement de compétences cognitives pour des processus de résolution de problème.
  • Développement de compétences d’auto-gestion pour les besoins d’apprentissage.
  • Développement d’habitude de questionnement initié par les étudiants
Les étudiants décident ce dont ils ont besoin de savoir où ils ont le plus de chance de trouver l’information. Ils décident quelles ressources utiliser (gens,publications,…).
  • Etude auto-dirigée
Les étudiants reprennent le problème avec de nouvelles informations et la connaissance acquise durant l’auto-étude.Ils critiquent les ressources d’apprentissage utilisées.

Les groupes décident des hypothèses appropriées et critiquent les performances antérieures.

  • Nouvelle organisation de l’information pour la résolution du problème.
  • Auto-évaluation
  • Evaluation par les pairs
Les étudiants devraient penser à la façon don’t ce qu’ils ont appris s’est rajouté à leur compréhension.
  • Réflexion
  • Auto-évaluation

Schmidt et Moust décrivent le cadre principal du processus de PBL comme itératif et cyclique par nature.

  1. Les étudiants approchent le problème, sans aucune recherche préalable.
  2. Dans des petits groupes, ils analysent le problème basé sur des connaissances antérieures, élaborent sur la connaissance au travers de discussions, développent des nouvelles structures de connaissances et forumlent leurs propres objectifs d’apprentissage.
  3. Les étudiants poursuivent avec une période d’étude auto-dirigée. Cela les aide à développer, accorder et restructurer leurs structures de connaissances dejà existantes.
  4. Les étudiants retournent ensuite à leurs petits groupes, où ils intègrent et appliquent la connaissance qu’ils ont engrangée durant l’étude auto-dirigée, afin de tenter de résoudre le problème.

Les étudiants retournent ainsi à la première étape et continuent le cycle jusqu’à ce que le problème soit pleinement résolu.

14 Comment fonctionnent les groupes en PBL?

Les équipes sont responsables de la planification de leur propre activité et décident comment utiliser leur temps pour résoudre des problèmes et maitriser les objectifs d’apprentissage. En fonction des versions de PBL, les équipes ont plus ou moins de responsabilités pour déterminer les questions et localiser les ressources requises pour résoudre le problème. Les groupes sont en général composés de 5 à 7 étudiants. Chaque membre du groupe tient un rôle particulier durant toute la durée du projet. Les quatre rôles possibles sont :

  1. chef de projet – propose les dates de réunion, suggère la répartition du travail, et développe le plan global du projet.
  2. facilitateurs – décrit le processus à suivre durant les différentes étapes du projet, détermine le temps approprié et suggère des ajustements lorsqu’il le faut.
  3. enregistreur – prend les notes pour le groupe lors des réunions
  4. membre de l’équipe – prend des notes individuelles, participe aux discussions et dresse un bilan des ressources matérielles.

D’autres modèles PBL incluent un mentor ou un tuteur dans le groupe. C’est souvent un membre du corps enseignant, mais parfois c’est un autre étudiant qui tient ce rôle. La recherche est mélangée quant à l’expertise du domaine demandée au mentor. C’est peu clair de savoir si une expertise du sujet est nécessaire pour faire un tuteur efficace.

15 Que fait l’individu dans PBL?

(Schmidt & Moust, 1998) L’étudiant seul a un rôle actif dans l’apprentissage. PBL demande que les étudiants aient la responsabilité de leur propre apprentissage en identifiant leurs questions d’apprentissage et leurs besoins. En accord avec Schmidt et Moust, les étudiants progressent à travers une série d’étapes, « Les sept sauts », durant le processus PBL.

  1. Clarifier les termes et concepts inconnus dans la description du problème.
  2. Définir le ou les problèmes. Lister les phénomènes ou événements qui ont à être explicités.
  3. Analyser le ou les problèmes. Etape 1 : Brainstorming. Essayez de produire autant d’explications possibles du phénomène que possible. Utiliser les connaissances préalables et le sens commun.

[Résultat pour étudiants – activation de la connaissance antérieure, élaboration, restructuration de l’information, organisation de l’information, motivation intrinsèque]

  1. Analyser le ou les problèmes. Etape 2: Discuter. Critiquez les explications proposées et essayez de produire une description du processus qui, en accord avec ce que vous pensez, soutendent les phénomènes ou événements.
  2. Formuler les questions d’apprentissage pour l’apprentissage auto-dirigé.
  3. Boucher les trous de votre connaissance par l’auto-apprentissage.
  4. Partager vos résultats avec votre groupe et essayer d’intégrer la connaissance acquise dans une explication complète pour les phénomènes ou les événements. Contrôler si vous en savez maintenant assez.

[Resultat pour les étudiants – restructuration, application et résolution de problème]

Le projet sponsorisé par la NASA, la classe du future, emploie PBL dans son cursus. Le projet offre des activités de classe déjà prêtes pour les enseignants, qu’ils peuvent utiliser à différents niveaux. Le projet fournit des conseils à la fois pour les enseignants et les apprenants dans le but de les aider à ajuster et utiliser le cursus PBL.

Dans le guide pour les étudiants, les projets suggèrent des étapes de résolution de problème similaires:

  1. Lire et analyser le scénario du problème.
  2. Lister ce qui est connu.
  3. Développer un rapport de description du problème indiquant ce que le groupe essaye de résoudre, répondre à, ou découvrir.
  4. Lister ce que le groupe a besoin de découvrir.
  5. Lister les actions possibles.
  6. Analyser l’information.
  7. Présenter les conclusions

16 Questions d’apprentissage individuelles

Un objectif important de PBL est que les étudiants deviennent responsables pour leur propre apprentissage et pour ce qu’ils rechercheront en fait. En conséquence, partout dans le processus PBL, quand les étudiants définissent et analysent le problème, ils génèrent des « questions d’apprentissage ». Les questions d’apprentissage sont générées par les étudiants qui ont besoin d’avoir une réponse pour résoudre le problème. Quand le problème a été développé au point que davantage d’analyse et de compréhension sont empêchés par leur manque de la connaissance, les étudiants entreprennent leur apprentissage auto-dirigé, guidés par les questions d’apprentissage » et motivés par les actions qu’ils prévoient de faire. La conception du problème et l’interrogation par l’enseignant / tuteur aménera les étudiants à identifier les questions d’apprentissage pertinentes pour les objectifs de contenus. Quelques versions de PBL fournissent des questions d’apprentissage pour les apprenants sous la forme d’objectifs. Dans d’autres versions de PBL, les étudiants sont totalement responsables de générer leurs besoins d’apprentissage.

17 Quel est le rôle d’un instructeur dans PBL?

Toute la littérature consultée est unanime sur une aspect de PBL : le rôle de l’instructeur. Dans PBL, l’instructeur sert de ressource dans les équipes d’étudiants. L’enseignant est fréquemment mentionné comme un mentor ou un tuteur du groupe. L’enseignant prend le rôle de dispenseur d’informations. L’enseignant est plus actif dans le l’organisation de PBL, du contenu et des séquences du projet, fournissant des feedback immédiats sur le travail des étudiants et les discussions et évaluant les étudiants. Dans la salle de classe, les enseignants devraient agir comme des coach métacognitifs, servant de modèles, pensant à haute voix avec les étudiants et se comportant comme ils voudraient que les étudiants se comportent (Stepien and Gallagher, 1993). Les enseignants poussent les étudiants à utiliser des questions telles que « Qu’est-ce qu’il se passe ici? Sur quoi avons-nous besoin d’en apprendre plus? Qu’avons-nous fait pendant le problème qui était efficace? » et acceptent la responsabilité pour le problème. Sur certaines périodes de temps, les étudiants deviennent des apprenants auto-dirigés, les enseignants diminuent alors leurs activités (Stepien and Gallagher, 1993). Les recherches suggèrent que les étudiants bénéficient de la nature immédiate des feedback des instructeurs de telle manière que les mauvaises compréhensions peuvent être rapidement éclaircies (Norman and Schmidt, 1992). C’est le travail des enseignants d’être alertes aux progrès et aux conversations dans les groupes de telle manière que les étudiants empruntent des chemins fructueux.

18 Les changements doivent être adressés par l’enseignant

Les enseignants doivent alors préparer et s’ajuster sur les changements qui accompagnent l’exécution de PBL- En plus de la variation dans le rôle de l’instructeur, il y a également un changement de la structure du temps passé en classe. Certains auteurs (Schmidt, Bridges, Barrows) suggèrent fortement que l’instructeur fournisse du temps non-structuré en classe afin de laisser les étudiants former leurs équipes, travailler avec des ressources, contacter et rencontrer d’autres membres du corps enseignant qui pourraient les aider dans leur projet, et accomplir d’autres tâches nécessaires à la résolution du problème. Quelques recherches (Gijselaers & Schmidt, 1992) ont montré qu’il y a un point de baisse des retours. Après un certain nombre d’heures par semaine, la quantité de temps centré sur l’enseignant en classe diminue le temps d’auto-étude des étudiants. L’instructeur peut aussi avoir besoin de faire face aux retards perçus dans les performances des étudiants, ce qui arrive souvent. Des recherches montrent que les étudiants PBL n’arrivent autant au bout des choses avec PBL (Schmidt, et. al, 1996). Toutefois, Les étudiants PBL retiennent plus que dans l’enseignement traditionnel et apprenent des compétences d’apprentissage d’autonomie et pour la vie, que les autres étudiants n’ont pas.

19 Comment faire du PBL

19.1 Un guide pratique pour PBL

Savery & Duffy (sous presse), discutent de questions pour la conception pédagogique dans des environnements constructivistes :

  • Ancrer toute activité d’apprentissage dans une tâche ou un problème plus large.
  • Supporter l’apprenant en développant la possession pour le problème ou la tâche général.
  • Conceptualiser une tâche authentique.
  • Conceptualiser une tâche et un environnement d’apprentissage pour refléter la complexité de l’environnement dans lequel les étudiants devraient pouvoir fonctionner à la fin de l’apprentissage.
  • Donner aux apprenants la possession du processus utilisé et les aider à développer une solution.
  • Conceptualiser l’environnement d’apprentissage pour supporter et défier la pensée des apprenants.
  • Encourager les idées de tests conte les vues et les contextes alternatifs
  • fournir des opportunités de support et de réflexion pour le contenu appris et le processus d’apprentissage.

19.2 Réflexions pré-PBL pour les enseignants

Barrows (How to Design a Problem Based Curriculum for the Pre-Clinical Year, 1985) fournit aussi une liste d’objectifs suggérés pour un cours et recommande qu’enseignants et apprenants soient en possession de la liste dès le départ du cours. Bien que Barrows se soit spécialisé dans l’application de PBL dans l’éducation médicale, ses idées peuvent être généralisées à d’autres sciences de laboratoire. Voici ses objectifs suggérés: A la fin du cours les étudiants devraient être capables de montrer des capacités dans les domaines suivants:

Compétences de raisonnement analytique

  • Générer des hypothèses
  • Utiliser de manière appropriée des stratégies d’enquêtes orientées vers les hypothèses
  • Synthétiser le problème
  • Nouvelle hypothèse ou nouvelle approche d’enquête
  • Enquête courante, ou orientée selon le protocole
  • Tests appropriés de laboratoire ou de diagnostique
  • Hypothèse finale de travail
  • Gestion d’un plan pour corriger le problème

Compétences cliniques ou de laboratoire Compétences d’auto-évaluation ou d’auto-apprentissage

  • Évaluer l’adéquation des qualifications de la connaissance et du raisonnement dans des problèmes d’évaluation présentés
  • Lister l’information qui doit être critiquée ou apprise

Connaissance

  • Liste de connaissance qui doit être apprise et appliquée de manière appropriée dans l’analyse de problèmes

20 Evaluation de PBL : évaluation de la réussite des étudiants

Puisque l’instruction et l’étude sont différentes dans les cadres PBL par rapport à l’instruction traditionnelle, PBL fournit un problème à l’évaluation d’étudiant pour beaucoup d’enseignants. Plutôt que de se concentrer sur des faits, PBL encourage souvent l’étude et la croissance active vers l’apprentissage auto-dirigé; permettant à des étudiants de définir leur tâches d’apprentissage; faciliter l’apprentissage en groupe, les compétences de recherche et de communications, assurer la connaissance d’un domaine précis et transférer la connaissance à de nouvelles situations.

Avec de mulpliples buts pour PBL, il est important de considérer une variété d’évaluations techniques.


  • Examen écrits: devraient être conçus pour assurer le transfert des compétences aux problèmes semblables ou aux domaines soumis.
  • Examens pratiques: utilisés pour assurer que les étudiants soient capables d’appliquer les compétences acquises durant le cours.
  • cartes conceptuelles : une grande partie de l’apprentissage qui se passe pendant le PBL est plus que juste une compilation des faits. En tant que tels, les examens écrits peuvent ne pas être une mesure adéquate de l’accroissement des compétences de l’apprenant. Exiger des étudiants de produire des cartes conceptuelles, qu’ils dépeignent leur connaissance par la création des noeuds et des liens identifiés, peut alors présenter une autre option pour déterminer leur accroissement cognitif.
  • Evaluation par les pairs : puisque la vie en dehors de la salle de classe demande normalement de travailler avec les autres, une évaluation par les pairs est une option viable pour mesurer l’accroissement cognitif des étudiants. Fournir à des étudiants une rubrique d’évaluation aide souvent à guider le processus d’évaluation par les pairs. Ce processus souligne également la nature coopérative de l’environnement de PBL.
  • Auto-évaluation : Un élément important de PBL est d’aider les étudiants à identifier des lacunes dans leur base de connaissance afin de permettre un apprentissage plus significatif. L’auto évaluation permet aux étudiants de penser plus soigneusement à ce qu’ils connaissent, ce qu’ils ne savent pas, et ce qu’ils doivent savoir pour accomplir certaines tâches.
  • Evaluation par les facilitateurs/tuteurs : le Feedback fournit par les tuteurs devraient encourager les étudiants à explorer différentes idées. C’est important que les facilitateurs ne dominent pas le groupe, qu’ils facilitent l’apprentissage et l’exploration.

L’évaluation par les tuteurs peut consister à comment faire interagir avec succès des individus avec leur groupe et leur croissance cognitive.

  • Présentation orale : Puisque tellement du travail tourne autour de présenter des idées et résultats aux pairs, la présentation orale dans PBL fournit aux étudiants une occasion de pratiquer leurs qualifications de communication. Présentation des résultats à leur groupe, la classe, ou même une assistance réelle peut aider à renforcer ces qualifications
  • Rapport : la communication écrite est une autre compétence importante pour les étudiants. Exiger des rapports écrits permet aux étudiants de pratiquer cette forme de communication.

20.1 Evaluer la valeur d’un cursus PBL

Lorsque l’on détermine la valeur d’un cursus PBL, la littérature met le doigt sur 4 composantes: (a) attitudes, (b) connaissances de base, (c) capacité de résolution de problème, et (d) habitudes d’apprentissage.

Les attitudes des étudiants inscrits dans des cours PBL semblent plus favorables envers leur cours que des étudiants instruits dans l’instruction traditionnelle. Ces attitudes améliorées contribuent à une variété de facteurs comprenant l’inscription accrue de cours, intérêt augmenté pour le cours de l’étude principale, et rétroaction positive de corps enseignant et d’employeurs (Pincus, 1995); un taux réduit de renvois (Bridges & Hallinger, 1991; Pincus, 1995); et une augmentation des commentaires des étudiants concernant les avantages de PBL après leur expérience d’apprentisssage (Bernstein, Tipping, Bercovitz, & Skinner, 1995). Schmidt, Henny, et de Vries (1992) concluent que « les programmes d’études PBL semblent fournir un climat éducatif plus sympathique et entrainant ».

Les résultats de tests sur la connaissance de base semblent vendre la compréhension de la connaissance. Dans le domaine médical, bien qu’on l’ait parfois constaté que les étudiants instruits avec PBL aient été plus mauvais sur les tests normalisés, ils ont fait mieux sur les tests voire aussi bien sur des tests cliniques que les étudiants conventionnels (Albanese, 1993). Toutes les études ne sont pas favorables à PBL, mais Albanese a trouvé que la connaissance acquise par PBL est plus profondément ancrée et moins susceptible d’être oubliée.

Les résultats semblent parler en faveur des étudiants PBL lorsque l’on analyse des cas médicaux atypiques (Albanese, 1993), et ils auraient des qualifications plus fortes de résolution des problèmes (Gallagher, Stepien, et Rosenthal, 1992).

Le travail d’équipe en PBL est le plus souvent en petits groupes. Ainsi ce n’est pas surprenant de trouver que les étudiants qui apprennent dans ce contexte tendent à être plus orientés vers l’apprentissage collaboratif

21 Exemples de problèmes PBL

21.1 université

Biology : http://www.udel.edu/pbl/curric/bisc207prob.html

21.2 High School

History : http://score.rims.k12.ca.us/activity/bubbles/

Ancient World : http://score.rims.k12.ca.us/activity/ancientworld/index.html

22 Research on PBL

http://sll.stanford.edu/pubs/jeepark/pblsite/research.htm

23 Références

Albanese, M., & Mitchell, S. (1993). Problem-based learning: A review of the literature on its outcomes and implementation issues. Academic Medicine. 68(1), 52-81.

Aspy, D.N., Aspy, C. B., & Quimby, P.M. (1993). What doctors can teach teachers about problem-based learning. Educational Leadership, 50(7), 22-24.

Barrows, H.S. (1985). How to Design a Problem-based Curriculum for the Preclinical Years. New-York : Springer

Bernstein, P., Tipping, J., Bercovitz, K., & Skinner, H.A. (1995). Shifting students and faculty to a PBL curriculum: Attitudes changed and lessons learned. Academic Medicine, 70(3), 245-247.

Blumberg, P., Solomon, P., & Shehata, A. (1994, April). Age as a contextual cue in problem-based learning. Paper presented at the meeting of the American Educational Research Association, New Orleans, LA.

Bridges, E. M. (1992). Problem based learning for administrators. Eugene, OR: ERIC Clearinghouse on Educational Management. (ERIC Document Reproduction Service No. ED 347 617)

Bridges, E. M., & Hallinger, P. (1991, September). Problem-based learning in medical and managerial education. Paper presented for the Cognition and School Leadership Conference of the National Center for Educational Leadership and the Ontario Institute for Studies in Education, Nashville, TN.

Delafuente, J. C., Munyer, T. O., Angaran, D. M., & Doering, P. L. (1994). A problem solving active learning course in pharmacotherapy. American Journal of Pharmaceutical Education. 58(1), 61-64.

Dolmans, D. H., Gijselaers, W. H. & Schmidt, H. G. (1992, April). Do students learn what their teachers intend they learn? Guiding processes in problem-based learning. Paper presented at the meeting of the American Educational Research Association, San Francisco, CA.

Engel, C. (Ed.). (1992). Annals of Community-Oriented Education Volume 5. Network Community-Oriented Educational Institutions for Health Sciences. (pp. 193-198). Maastricht, The Netherlands: University of Limburg.

Farnsworth, C. C. (1994). Using computer simulations in problem-based learning. In M. Orey (Ed.), Proceedings of the Thirty-fifth ADCIS Conference (pp. 137-140). Nashville, TN: Omni Press.

Foley, R. P., Levy, J., Russinof, H. J., & Lemon, M. R. (1993 ). Planning and implementing a problem-based learning rotation for residents. Teaching and Learning in Medicine, 5(2), 102-106.

Gallagher, S. A., Stepien, W. J., & Rosenthal, H. (1992). The effects of problem-based learning on problem solving. Gifted Child Quarterly. 36(4), 195-200.

http://edweb.sdsu.edu/clrit/learningresource/PBL/WhatisPBL.html

http://sll.stanford.edu/pubs/jeepark/pblsite

Mandin, H., Harasym, P., & Watanabe, M. (1995). Developing a « clinical presentation » curriculum at the University of Calgary. Academic Medicine, 70(3), 186-193.

Mayo, P., Donnelly, M. B., Nash, P. P., & Schwartz, R. W. (1993). Student Perceptions of Tutor Effectiveness in problem based surgery clerkship. Teaching and Learning in Medicine. 5(4), 227-233.

Mennin, S. P., Friedman, M, Skipper, B, Kalishman, S., & Snyder, J. (1993). Performances on the NBME I, II, and III by medical students in the problem-based learning and conventional tracks at the University of New Mexico. Academic Medicine, 68(8), 616-624.

Ostwald, M. J., Chen, S. E., Varnam, B., & McGeorge, W. D. (1992, November). The application of problem-based learning to distance education. Paper presented at the world conference of the International Council for Distance Education, Bangkok, Thailand.

Pincus, K. V. (1995). Introductory Accounting: Changing the First Course. New Directions for Teaching and Learning, 61, 88-98.

Problem Based Learning Initiative at Southern Illinois Institute : http://www.pbli.org/pbl/pbl1.htm

Rangachari, P. K. (1991). Design of a problem-based undergraduate course in pharmacology: Implications for the teaching of physiology. Advances in Physiology Education. 5(1), S14-S21.

Reithlingshoefer, S. J. (Ed.), (1992). The future of Nontraditional/Interdisciplinary Programs: Margin or mainstream? Selected Papers from the Tenth Annual Conference on Nontraditional and Interdisciplinary Programs, Virginia Beach, VA, 1-763.

Savery, J. R., and Duffy, T. M. (1995). Problem based learning: An instructional model and its constructivist framework. Educational Technology, 35, 31-38. Reviewed by Chuck Ferguson

Schmidt, H. G., Henny, P. A., & de Vries, M. (1992). Comparing problem-based with conventional education: A review of the University of Limburg medical school experiment. Annals of Community-Oriented Education, 5, 193-198.

Schmidt, H. G., Van Der Arand, A., Moust, J. H., Kokx, I., & Boon, L. (1993). Influence of tutors’ subject matter expertise on student effort and achievement in problem-based learning. Academic Medicine, 68(10), 784-791.

Schmidt H.G. & Moust J.H.C. (1998). Processes that Shape Small-Group Tutorial Learning: A Review of Research. Paper presented at Annual Meeting of the American Educational Research Association.

Stepien, W.J. and Gallagher, S.A. 1993. « Problem-based Learning: As Authentic as it Gets. » Educational Leadership. 50(7) 25-8

Vernon, D. T. (1995). Attitudes and opinions of faculty tutors about problem-based learning. Academic Medicine, 70(3) 216-223.

Vernon, D. T., & Blake, R. L. (1993). Does problem-based learning work? A meta-analysis of evaluative research. Academic Medicine, 68(7) 550-563.

Wilkinson, T.W., & Sherman, T.M. (1991). Telecommunications-based distance education: Who’s doing what? Educational Technology, 31(11), 54-59.

Williams, R., Saarinen-Rahikka, H., & Norman, G. R. (1995). Self-Directed learning in problem-based health science education. Academic Medicine, 70(2), 161-163.

 


ajouté par MBA (21), le 28/11/17 - Avec l'aimable autorisation d'Edutechwiki